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Il y a 50 ans le FBI faisait assassiner Martin Luther King Jr

Davey D. 4 avril 2018
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Il y a 50 ans aujourd’hui, le FBI avec l’aide de la CIA et de la police locale a orchestré et veillé à ce que le Dr Martin Luther King Jr soit assassiné à Memphis (Tennessee).

50 ans plus tard, nous connaissons l’un des tireurs, un homme qui répond au nom de James Earl Ray, mais nous n’avons toujours pas eu d’aveux, de mises en accusation et de condamnations de ceux qui œuvraient dans les coulisses des forces de l’ordre et qui étaient aussi responsables de la mort de King.

Et soyons clairs ici en affirmant que nous ne pensons pas que tout cela soit dit de manière exagérée. Les archives du plan Cointel-Pro du FBI indiquent clairement que King était considéré comme une menace par le directeur du FBI, J. Edgar Hoover. Le même Hoover qui avait ordonné à ses agents de trouver des moyens créatifs et efficaces pour faire dérailler et jeter le discrédit sur le Dr King.

Les membres du clan du Dr King, y compris le trésorier James Harrison et le photographe Ernest Withers, étaient payés par le FBI. King l’ignorait à l’époque.

Dans les derniers jours du Dr King, les forces de l’ordre, y compris celles de Memphis, l’ont dépeint et étiqueté comme un « agitateur extérieur » qui créait en permanence des troubles. 50 ans plus tard, ont-elles présenté des excuses et changé leurs habitudes ?

Il y a quelque temps, j’ai eu une longue conversation avec le révérend Jeremiah Wright qui détailla la somme de haine que devait encaisser King de la part de ses pairs, qui sentaient que sa politique et les politiques qu’il préconisait étaient allées trop loin.

Ils étaient furieux que King ait été influencé par son ami de longue date Stokely Carmichael (Kwame Touré) et les membres du SNCC, influence qui a amené King à dénoncer la guerre du Vietnam. En fait, les membres du conseil d’administration de la propre organisation de King (le SCLC) ont voté pour condamner sa position.

Ils étaient furieux que King se prépare à lancer une marche pour les pauvres, qui prévoyait l’installation de tentes sur la pelouse de la capitale à Washington et remettrait en question l’inégalité économique. C’était un mouvement de style Occupy, près de 40 ans avant l’occupation de Wall Street.

Au moment de la mort de King, il y avait toutes sortes d’éditoriaux haineux, y compris un vicieux papier dans les pages du New York Times, qui a qualifié King d’irresponsable et son discours contre la guerre du Vietnam de désastre et même de « traîtrise ». Il est amusant de voir tous ces éditoriaux enthousiastes du New York Times et du Washington Post aujourd’hui à l’occasion du 50e anniversaire de sa mort, alors que leurs écrits de l’époque ont contribué à créer un climat qui a retourné la population contre King et a mené à sa mort.

Ces organes de presse, ainsi que de nombreux membres du Mouvement pour les droits civiques, n’ont pas aimé que le Dr King sorte du rang et devienne « plus radical » et « plus militant » dans sa réflexion. Ils n’ont pas aimé voir Dr King appeler à la redistribution des richesses. Ils n’ont pas aimé voir Dr King devenir plus internationaliste dans ses perspectives et relier les problèmes systémiques d’oppression à l’échelle mondiale. Je me demande si le New York Times, le Washington Post et d’autres se sont excusés pour le rôle qu’ils ont joué.

D’un autre côté, rappelez-vous que ces mêmes journaux sont montés au créneau et ont vicieusement attaqué le journaliste Gary Webb pour le travail méticuleux qu’il a fait en exposant les liens entre la CIA et la vente de crack. Après la mort tragique de Webb, ils ont fait marche arrière sur certaines de leurs remarques haineuses. Un fait est que beaucoup de ces organes de presse ont toujours été des porte-parole et des soutiens d’un gouvernement et d’institutions qui ont fait des choses infâmes aux personnes de notre communauté.

Est-ce que ces médias ont changé leur façon de faire ou sont-ils encore en train de servir les mêmes forces que celles qui ont été fatales au Dr King en 1967, 1968?

À l’occasion du 50e anniversaire de l’assassinat de King, nous devrions être parfaitement convaincus que, malheureusement, des assassinats ont toujours lieu. Il y a des assassinats bien orchestrés, des changements de régime et des assassinats physiques qui se produisent ici aux États-Unis et partout dans le monde, avec pour but principal de réprimer, étouffer et déformer tout mouvement qui pourrait unir les gens et changer le statu quo de l’oppression.

Pour aller de l’avant, nous devrions être disposés à l’apprentissage et à l’écoute. Nous devrions être bienveillants et nous inspirer les uns les autres. Et nous ne devrions jamais sous-estimer la peur, la haine, et les mesures que beaucoup de ceux qui souhaitent garder les gens sans droits et opprimés sont prêts à prendre pour maintenir en place les institutions de la suprématie blanche.

Notes

Source : Facebook/Davey D.
Traduit de l’anglais par SB pour Etat d’Exception.

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Davey D.

Longtemps journaliste, historien hip-hop, animateur sur Hard Knock Radio et Breakdown FM, militant, Davey D. est originaire du Bronx et vit maintenant à Oakland (Californie). Il anime le site Davey D’s Hip Hop Corner, l’un des plus anciens et complets sites de Hip Hop aux Etats-Unis.

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