Je m’appelle Assa Traoré, j’ai 31 ans, et un frère en moins depuis le 19 juillet 2016.

Oui ce soir là, notre vie a basculé dans l’horreur et le drame.

Adama Traoré est mort.

Le petit frère et le grand frère d’une fratrie de 16. Le fils de ma mère.

Adama mort dans des conditions atroces dans les locaux de la gendarmerie. Une mort qui est une histoire dure à raconter, mais elle est réelle. Elle commence plus de cinq heures avant que nous apprenions sa mort.

Cinq heures pendant lesquelles personne ne nous a tenu-e-s informé-e-s de ce qui se passait dans la gendarmerie. Pendant tout ce temps, que s’est-il passé ? Que veulent-ils nous cacher ?

Adama a été interpellé, pourchassé, sans aucune raison. Adama est laissé pour mort.

Quelles ont été tes dernières pensées Adama ?

J’ai mal. Ma famille a mal. Ma mère a mal. Et Hawa sa jumelle en a perdu le souffle.

Je veux savoir ce qui s’est passé. La vérité a toujours surgi.

Toi mon frère qui est beau, fort, souriant, aimé de tous, tu es mort le jour de ton anniversaire. On t’aime tellement, chacun souffre à sa façon.

C’est dur pour moi de voir mes frères et sœurs se lever chaque jour avec cette souffrance, et ce vide.

Nous allons nous battre pour une justice juste pour toi Adama.

Ton nom est rentré dans l’Histoire.

Aujourd’hui, nous voulons que justice soit faite.

Notes

Lettre lue par Assa Traoré sur le plateau de l’émission Quotidien, diffusée le 13 septembre 2016 sur TMC.

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