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OPINION & ANALYSES

Mutinerie à la « Mutinerie » : grève des cautions arabes et noires

Collectif 31 octobre 2013
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La Mutinerie, bar du Marais à Paris, a la prétention de se définir comme un bar politique : « féministe, antiraciste, décolonial, par et pour les meufs gouines, trans, queers[1] ». Il se veut collectif, politique, horizontal et participatif. Avec des ateliers à prix libre, des projections, des débats, des événements incluant des réflexions sur le rapport entre dominant-e-s et dominé-e-s.

Nous – issues de l’immigration néocoloniale et de la traite, issues de banlieue et de milieu rural, tout-e-s pauvres donc sans héritage, précaires face au travail et au logement, avec nos loyers et familles à charges, sans réseau propre, sans le temps nécessaire à l’acquisition d’un capital culturel ou militant, etc. – sommes employées à la Mutinerie.

Pourtant, au risque de nous mettre dans une précarité encore plus grande, nous dénonçons, publiquement maintenant, l’organisation et l’exploitation sexiste, raciste et classiste qu’il y a dans ce bar. Par ce texte, nous dénonçons la domination du patron sur ses employées, la domination des blancs sur les autres, et la reproduction de normes hétérosexistes et néocoloniales.

Au vu de la renommée internationale que s’est forgée le bar en se servant de notre image et de nos luttes, nous avons choisi de diffuser ce texte le plus largement possible afin que tout le monde soit bien conscient-e de ce qui s’y joue.

Ce bar prétend « refuser d’ignorer le classisme », pourtant depuis le début :

Ecart de salaire : on est payé-e-s entre 200 et 400 euros par mois, sans être déclaré-e-s, quand l’équipe-gérante gagne entre 5 à 10 fois plus par mois, au minimum.

Absence de droit du travail : certain-e-s bénéficient de la possibilité de se faire payer les taxis, d’avoir des vraies pauses repas payées, d’avoir des congés payés, de fermer plus tôt, des arrêts-maladies, des avances extraordinaires, d’être payé-e-s par le bar et la sécu pendant leurs arrêts (et tant mieux), quand l’une d’entre nous a vu ses jours non-payés après avoir été hospitalisée ou l’autre par exemple. Basé sur une domination classiste, on renforce les plus riches dans leurs privilèges et surtout, on refuse de leur en retirer au profit d’une juste répartition qui bénéficierait à celles dont la condition inférieure est considérée comme normale.

Véritable exploitation économique : le flou maintenu sur le bar, qui serait un collectif politique ou un lieu commercial, a permis au patron d’entretenir différents privilèges et de nous exploiter. Faisant croire depuis des mois que le bar risquait de fermer, faisant faire du « bénévolat » pour le faire survivre, allant jusqu’à organiser une quête sur internet pour « sauver le bar » (dont le montant récolté reste inconnu). Nous apprenons qu’il l’a acheté (achat du fonds de commerce) en son nom il y a environ un mois. Il fait lui-même la comptabilité du bar… Pourtant, le week-end, c’est nous qui assurons la rentrée principale d’argent qui lui a servi à devenir propriétaire du bar. C’est une caution pensant participer à un bar horizontal, qui a fourni une partie de la caution nécessaire à la location. Depuis, en soutien, il s’est retiré du projet jusqu’à nouvel ordre. Notre travail a pu assurer la pérennité et la renommée de la Mutinerie : en un an, ce qui se fait passer pour un projet collectif, un bar autogéré, est en fait ni plus ni moins un bar capitaliste comme les autres, dans lequel le patron est devenu propriétaire.

Différences de traitement : certain-e-s performeur-euse-s, particulièrement les performeur-euse-s employé-e-s de l’équipe, peuvent être payé-e-s jusqu’à 200 euros le quart d’heure, ce qui correspond à un mois de salaire pour la majorité d’entre nous. Tandis qu’à prestation/performance égale, des rémunérations différentes sont mises en place. Aussi, quand eux se payaient directement dans la caisse, nous, nous devions quémander notre dû au point de se sentir illégitimes.

Ce bar se vend comme « antiraciste, décolonial », pourtant nous subissons :

Une stigmatisation raciale : rumeurs infondées sur des listes de travail collectives désignant certaines nommément de voleuses (les arabes), jugeant par ailleurs d’autres trop lentes (les noires de l’équipe).

Une répartition raciale des tâches : d’une façon générale, le ménage et les livraisons n’étaient assurés que par nous. Les WC que l’équipe-gérante se refusait d’effectuer, et dont le nettoyage est devenu un véritable bizutage pour certaines d’entre nous dès leur arrivée au sein de l’équipe. Aucune responsabilité décisionnelle ne nous a jamais été concédée. Ne serait-ce qu’une consultation sur nos propres plannings.

Une répartition raciale des temps de travail : les noires et les arabes ne travaillent qu’ensemble le week-end, parce que les blancs refusent de travailler avec nous (trop lents, trop violents). S’ajoutant à ça, la rémunération du week-end n’est même pas supérieure à celle de la semaine…

Comment devient-on agressives ?

Les personnes racialisées ne travaillent donc qu’entre elles et uniquement le week-end dans ces conditions et pour ces raisons. Ce sont les jours où il y a le plus de monde, de travail (faire le ménage et les livraisons accumulées de la semaine…). Le week-end correspond aussi aux plus grandes rentrées d’argent, à une gestion de personnes plus violentes (alcoolisées, sous produit, racistes, sexistes, lesbophobes, etc.). C’est aussi avoir affaire très souvent aux keufs (plusieurs fois, nos identités ont été relevées alors que nous ne sommes pas déclarées), plusieurs d’entre nous se sont faites agressées (vêtements, sous-vêtements déchirés), touchées (fesses, seins…)… Et, tout ceci dans l’indifférence totale voire le mépris de l’équipe-gérante, tout en accordant une attention démesurée à des caprices de confort[2]. Les agressions que nous avons subies ont servi, au-delà de l’indifférence, à faire de nous des personnes violentes. Miroir de la société…

Ce bar combat l’hétéronormativité et se veut féministe, pourtant nous subissons :

La notion de consentement : ce lieu se revendiquant du féminisme, tolère des prises d’espace, de visibilité et de pouvoir venant de personnes aux comportements douteux et abusifs. Et, plus généralement, ils ignorent ces comportements en fonction de la popularité des personnes impliquées.

Une domination de genre : le patron nous possède. Il – blanc, de visibilité sociale hétéromasculine, patron d’un bar, et en interaction intime avec les principal-e-s concerné-e-s – propose du travail à celles – femmes, arabes, noires, venant de banlieue, sans travail… – qu’il convoite affectivement. Il entretient des relations sexuelles (dissimulées) avec (au moins) quatre de ses employées, aucune déclarée. Et, plus largement, avec plusieurs personnes du collectif de la Mutinerie. Il met ainsi en place un rapport de domination/privilèges sur ses employées-amantes.

Une mise en concurrence sexiste : mensonges et larges faveurs financières créant des rivalités entre les employé-e-s. (déclarés/non déclarés, noir-e-s/blanc-he-s, bourgeois/prolétaires…) et les amantes (parmi les employées, les membres du collectif, les clientes… officielle/non-officielle…). Diviser pour mieux régner, le bar est devenu un véritable harem capitaliste. Tout devient une faveur accordée par le bon patron dans un réseau d’influence et de conflits d’intérêt motivés par l’argent, le sexe et l’orgueil, en un mot le carriérisme.

Silence et violence : nombreux et nombreuses sont celleux qui savaient mais qui ont choisi de ne rien dire, pire de cacher et mentir. On ne renonce pas si facilement à ses privilèges : être la favorite du patron, avoir son loyer payé, avoir plus de dates, être administrateur, performeur, graphiste ou autres pour la mutinerie, avoir un lieu de drague et où aller boire un verre, se donner bonne conscience alors qu’on a sous les yeux l’expression la plus directe de l’exploitation économique et des survivances néocoloniales. Alors que nos multiples remarques et critiques ont toujours été ignorées, déformées, invisibilisées ou réduites à des conflits personnels donc dépolitisées, il nous est maintenant reproché de ne pas avoir « osé » parler plus tôt.

Diffamation et exclusion : certaines parmi nous se sont opposées à ce fonctionnement depuis des mois. Tout comme ont été refusées les tentatives pour acheter le silence de certaines[3]. Le patron a alors tenté de virer l’une d’entre nous. D’abord, en s’appuyant sur les rivalités, entre employées-amantes, qu’il avait créées. Puis, en organisant une véritable campagne de diffamation sexiste[4], de rumeurs et d’accusations racistes[5], afin d’organiser un vote entre l’équipe-gérante pour l’exclure sans même l’en/nous en informer. La campagne de décrédibilisation contre l’employée « à virer » se ponctuera par la dissimulation d’un compte-rendu de réunion. C’est dans cette ambiance que « l’employée à virer » s’est sentie obligée de se retirer (sans solde). D’autres l’ont soutenu et se sont solidarisées au regard de leur propre situation. C’est le début d’un positionnement organisé et public, et la fin d’une croyance illusoire en des arrangements internes. La véritable Mutinerie commence enfin.

Nous dénonçons ce système néocolonial[6]

Comment ont-ils pu nier les profits engendrés grâce à notre travail ? Comment ont-ils pu ne pas s’apercevoir des privilèges dont ils bénéficiaient ? Et, évidemment, comment ont-ils pu ne pas se rendre compte d’une telle usurpation ? Leur aisance était directement liée à notre précarité pendant des mois. Leur niveau de vie a considérablement changé sous nos yeux, pendant que nous nous faisions humilier et exploiter professionnellement et politiquement. Nous ne pouvons désormais qu’affirmer l’illégitimité de leurs présences. Ce bar, néocolonial et capitaliste, se sert de l’attrait exotisant de ses serveuses pour les soirées hypes du week-end, et de l’image de nos luttes pour mieux nous exploiter. Par ailleurs, les cautions noires et arabes qui servent de marionnettes, qui croient encore en l’illusion républicaine, qui espèrent l’assimilation ou performent leur race dans un folklore dépolitisé, ne peuvent en rien servir de prétexte à l’égalité ou servir à nous opposer. Oui, on ne pense pas toutes pareilles…

Une fois la situation connue officieusement dans le collectif plus large de la Mutinerie, nous ne pouvons aussi que constater la réaction nombriliste et inconséquente des personnes blanches, inquiètes pour leurs réputations, parce qu’impliquées. Majorité complice et silencieuse, qui voit, se tait et étouffe, participe à ce système.

Nous avons conscience que ces oppressions sont aussi présentes dans l’ensemble des milieux militants blancs de gauche, que nous connaissons pour avoir évolué parmi les mouvements féministes, les mouvements d’extrême-gauche, les mouvements antiracistes… Ce bilan reste encore douloureusement d’actualité dans bon nombre de milieux qui se veulent militants.

Nous nous mettons donc en grève illimitée, sans condition et immédiate

Nous exigeons un changement immédiat des statuts légaux du bar, que la direction et le fonds de commerce soient collectivisés, ainsi que la démission des racistes de l’équipe. Nous voulons faire partie intégrante du rééquilibrage du bar et la redistribution des rôles décisionnels.

Nous exigeons la suspension de tout événement politique jusqu’à nouvel ordre. La charte doit être retirée du bar et de tous les sites internet faisant référence à la Mutinerie. Nous voulons également que ce texte soit affiché sur place dès sa parution.

Nous exigeons le paiement de tous nos arriérés, des arrêts-maladies et congés, ainsi que le paiement rétroactif des week-ends, des heures de courses et de ménage effectuées depuis le début. Celleux d’entre nous qui refuseront de réintégrer ce lieu devront pouvoir bénéficier d’indemnités de chômage conséquentes.

Nous exigeons la reconnaissance officielle des dommages infligés aux personnes concernées, ainsi que la reconnaissance de la reproduction des oppressions de race, de classe et de sexe dans ce lieu. Pour finir, nous voulons des excuses publiques.

Des employées de la Mutinerie et leur allié.e.s,
Féministes radicailles, rurales et décoloniales !

Contact : mutineriealamutinerie@riseup.net.
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4 Comments

  1. La Mutinerie 31 octobre 2013

    DROIT DE REPONSE AU TEXTE "MUTINERIES A LA MUTINERIE"

    Nous les autres employées du bar ainsi que le gérant avons rédigé collectivement la réponse qui suit.

    Notre réponse ci-dessous est écrite par les huit autres personnes qui travaillent derrière le bar.
    Le texte Mutinerie à la Mutinerie semble parler au nom de toutes les personnes racialisées du bar. Nous tenons à préciser que les employées du bar qui ont rédigé le texte Mutinerie à la Mutinerie sont au nombre de trois. Parmi nous, qui écrivont cette réponse, quatre sont racialisées (même si l’une a un passing conditionnel de blanche, c'est à dire que dans certains contextes elle est perçue comme blanche dans d'autres arabe et n'a, malgré tout, pas les mêmes privilèges que les blancHEs) et enfin, quatre sont blancHEs.
    Notre parole, et avant tout celle des autres personnes racialisées de la Mutinerie, a été confisquée par le texte Mutinerie à la Mutinerie..

    Pour que la parole de toutes soit entendue c’est la responsabilité de chacunE de diffuser ce texte partout ou l’autre a été diffusé.

    Le texte Mutinerie à la Mutinerie utilise un discours d'émancipation de personnes qui subissent des oppressions historiques, issues de l’histoire coloniale et institutionnelle dans la société et l’a détourné afin de servir des individuEs et des intérêts personnels et non pas un collectif qui peut, au fur et à mesure, exister au sein de l'équipe du bar. Elles ont exclu (même pas consulté) les autres personnes racialisées du bar et elles tentent de nier leurs dissentiments en les qualifiant d’ assimilationistes.

    Enfin, leur texte utilise et profite de caricatures pour provoquer un scandale et lui donner plus d’ampleur. Cela donne énormément de visibilité à une initiative qui nous semble plus destructrice que constructive. C’est triste de remarquer qu’en revanche les mesures et initiatives déjà mises en place par les personnes racialisées et politisées de l'équipe, n'ont pas bénéficié d'autant de diffusion car ces dernières n'utilisaient pas des moyens manipulateurs pour les visibiliser.

    Les autres employées racialisées de la Mutinerie sont très blessées par la description qui est faite d’elles à la fin du texte et qui vise à les faire taire. Les meufs racialisées de l'équipe suffisamment “dépolitisées” pour “performer le folklore de leur race” “afin d'attirer les clientEs hypes du week end”, suffisamment bêtes pour être aveuglées par leurs privilèges au sein du bar et ne pas voir les profondes injustices qui touchent leurs camarades racialisées vous emmerdent.

    Pour commencer, nous souhaiterions répondre à plusieurs points évoqués dans ce texte. Il y a énormément de mensonges et d’arrangements avec la réalité qui nous surprennent énormément surtout venant de la part de personnes qui travaillent effectivement à la Mutinerie. Comment ne peuvent-elles pas savoir elles-mêmes que beaucoup de leurs allégations sont fausses ? Et si elles le savent, quelle est la raison derrière une manipulation consciente de la réalité ? Nous n’avons pas les réponses à ces questions. Mais notre texte, comme dit plus haut, est rédigé par le reste de l’équipe de la Mutinerie, nous sommes donc très au courant de la véracité ou non de certains faits décrits.

    Ecarts de salaire. Vous dites ''On est payé entre 200 et 400 euros par mois sans être déclaré quand l’équipe-gérante gagne entre 5 à 10 fois plus par mois, au minimum.''
    C'est complètement faux : seulement 2 personnes sont sous contrat.
    La personne qui gagne plus est une personne racialisée et qui a beaucoup d’ancienneté car elle était déjà employée de l’Unity depuis plus de 10 ans. Elle n’a pas la nationalité française et a besoin de travailler pour maintenir son visa. Elle gagne un salaire de 9,6 euros net de l’heure.
    L’autre personne qui a un contrat gagne 7 euros 33 net de l’heure (toutes les personnes non déclarées gagnent 10 euros net de l’heure).
    Pour les personnes déclarées, il ne s’agit pas d’un job d’appoint, d’un job étudiant ou autre. C’est l’unique source de revenu qui leur permet de payer leurs loyers. Par ailleurs, les décrire comme des bourges blanches c’est dégueulasse, sachant qu’une est racialisée et n’a pas la nationalité française et que l’autre, avant de bosser à la Mutinerie, était au RSA depuis 5 ans, loue une chambre chez l’habitant, et pour être transparent, il lui reste 400 euros une fois qu’elle a payé son loyer.

    Le salaire le plus élevé est donc celui de la personne racialisée sous contrat. Elle gagne 1700 euros nets par mois ( 9,6 euros net/heure). Le salaire du gérant fluctue en fonction de la santé financière du bar il est passé de 1100 euros à 750 euros depuis le début du mois.

    Par ailleurs, quitte à situer tout le monde puisque vous semblez représenter beaucoup de gens dans votre texte, il nous semble malhonnête que vous écriviez que vous n’avez pas bénéficié du“(…) temps nécessaire à l’acquisition d’un capital culturel ou militant etc”. Puisque sur vous trois, deux ont fait ou font des études supérieures ( à l’université ) et l’une particulièrement a au moins un bac+5. C’est malhonnête de sous-entendre l’inverse puisque c’est fait pour susciter l’empathie chez des gens qui sont dans les situations que vous décrivez, qui se reconnaîtront dans ce que vous dites et les pousser à prendre pour argent comptant tout ce que vous raconterez dans la suite du texte.

    Nous considérons que la formulation "200 à 400/mois'' dans votre texte est volontairement imprécise pour sous-entendre que des personnes auraient été payées 200 à 400 euros pour un mois de travail. Le taux horaire pour tout le monde est donc de 10euros net sauf pour les deux personnes sous contrat comme dit plus haut. Si une extra a été payée 200 euros c'est qu'elle a fait 20h de travail, point. Si une personne n'a pas beaucoup de jours de travail c'est qu'elles sont distribuées à l'ancienneté (allié à la prise en considération du fait que la personne ait un boulot ou non à côté du bar donc un autre moyen de subsistance ).
    Par contre il est vrai que fonctionner à l'ancienneté n'est pas forcément toujours juste et nous allons remettre cela en question ( avec une priorité conservée à celle d'entre nous qui a fait ce métier pendant plus de 10 ans et mérite, selon nous, un statut particulier ou celles dont c’est la seule source de revenus ).

    Vous sous-entendez des salaires mirobolants "l’équipe-gérante gagne entre 5 à 10 fois plus par mois, au minimum" Nous n’avons aucune idée d'où viennent ces chiffres et de qui vous parlez. C’est complétement faux. Tout au long du texte nous nous demandons d’ailleurs qui vous désignez comme “l’équipe gérante’’.

    Absence de droit du travail. "Certain.e.s bénéficient de la possibilité de se faire payer les taxis, d’avoir des vraies pauses repas payées,(…)''
    Quand le fait d'avoir parfois des taxis remboursés par le bar a été proposé à la dernière réunion, cela a été immédiatement accepté. Il n'y a jamais eu plus de taxi accordés aux unes qu'aux autres.
    Concernant les pauses repas payées. Cette demande légitime a émané lors de la dernière réunion, de la part d’une des personnes qui se met en grève. Cette demande a été acceptée immédiatement par le gérant qui a même ajouté que tous les membres du personnel pouvaient prendre 7 euros dans la caisse pour se payer à manger.

    Vous dites ensuite : "(…) de fermer plus tôt, des arrêts maladie, des avances extraordinaires, d’être payé.e.s par le bar et la sécu pendant leurs arrêts (et tant mieux) quand l’une d’entre nous a vu ses jours non-payés après avoir été hospitalisée ou l’autre par exemple. Basé sur une domination classiste, on renforce les plus riches dans leurs privilèges (…)"
    L'achat du fond de commerce dont vous parlez plus loin ( en sous-entendant qu'il était caché des employées !) devait justement permettre une stabilité financière qui aurait permis d'améliorer en priorité les conditions de travail, chose qui avait été discutée plusieurs fois auparavant. Cependant nous reconnaissons que pendant cette année, La Mutinerie n'a pas mis en place de structure qui aurait pu améliorer les conditions de travail et protéger ses employées. Nous reconnaissons que c’est injuste et peu sécurisant. Nous aurions pu, par exemple, proposer une alternative aux 10e net de l'heure actuels des employées sans contrat qui auraient pu choisir de n'être payées que 8e net et que la différence soit conservée (par elles-même) dans une caisse pour financer les arrêts maladie ou les congés payés. Nous proposons de mettre cela en place immédiatement en attendant les changements de statut de la Mutinerie qui, pour des raisons légales et administratives , peuvent prendre plusieurs semaines.

    Nous allons modifier la situation contractuelle des employées lors du changement de structure de la Mutinerie. Nous voulons seulement ajouter que nous ne sommes pas d'accord avec cette idée que toutes les employées de la Mutinerie voulaient des contrats ( encore une fois vous avez parlé vite au nom de toutEs ). Par exemple, ça arrangeait aussi certainEs personnes, qui vous répondent ici, d'être non déclarée : ça leur permettait d'être payéEs plus par l'état notamment à cause des bourses, du chômage, du rsa. Et nous répétons ici que le gérant avait déjà dit que cette situation était modifiable pour chacunE.

    A propos des ''avances extraordinaires'' dont vous parlez, vous semblez faire référence au jour où l'une des personnes sous contrat a reçu en retard l'argent de son arrêt maladie ce qui l'a mise dans la merde et où le gérant lui a avancé l'argent. Nous ne voyons pas ce que vous trouvez de mal à ça et au contraire, nous trouvons qu'à plein de moments, le bien-être des employées était plus pris en compte que dans d'autres entreprises. Vous avez d'ailleurs bénéficié aussi de ce genre d'aide. Le gérant a effectivement parfois avancé de l'argent aux personnes qui le demandaient ( sans distinction de classe, racialisation ou genre ) et a toujours essayé de trouver des solutions chaque fois que l’une d’entre nous ou d’entre vous avait des problèmes d’argent.

    Et quand vous dites ''l'une d'entre nous a vu des jours non payés après avoir été hospitalisée'', aucunE d'entre nous ne voit de quoi vous parlez.

    Vous dites ensuite "on renforce les plus riches". Vous semblez sous-entendre que les deux personnes sous contrat font partie des plus riches. Autrement dit de la personne racialisée de la Mut qui n'a pas la nationalité française et a son titre de séjour grâce à son contrat à la Mutinerie. Et de la personne au RSA depuis 5 ans. C’est elles les plus riches ??
    Cela nous semble tellement hallucinant que vous utilisiez une formule plurielle alors que ce que vous dites ne s'applique qu'à une personne à la Mut : le gérant. Qui d’ailleurs ne s'est pas ''enrichi'' grâce à la Mut, pour preuve, le bilan comptable réalisé et certifié par un cabinet comptable qui a été transmis à l'équipe. Cependant nous reconnaissons que ce bilan n'a pas été retransmis aux nouvelles personnes qui ont intégré l'équipe depuis puisque c'est un bilan annuel. Pareil, au début de la Mutinerie chacunE avait été informéE sur les salaires de chacunE.
    Mais les comptes rendus de nos anciennes réunions n'ont pas été retransmis aux nouvelles personnes dans l'équipe. C'est une erreur de notre part et nous comprenons que cela a engendré des doutes et des inquiétudes quant à la distribution de l'argent. Nous proposons d'inscrire le salaire de chacunE dans un document accessible de manière permanente à toutE employéE de la Mut, de faire de même avec nos anciens compte rendus de réunion et avec le bilan comptable.

    Différences de traitements. Sur le paiement des artistes vous dites: "Certain.e.s performeur.euse.s, particulièrement les performeur.euse.s-employé.e.s de l’équipe, peuvent être payé.e.s jusqu’à 200 euros le quart d’heure ce qui correspond à un mois de salaire pour la majorité d’entre nous."
    On retrouve la même manipulation de la formulation pour sous-entendre que des gens à la Mut sont payées 200 euros pour un mois de travail complet alors que cela correspond à 20h de travail. De plus vous dites ''la majorité d'entre nous" : encore un mensonge.

    Personne n'a jamais été payée 200 euros pour 1/4 d'heure de show, encore une fois ici vous exagérez et déformez la réalité. Par contre il est vrai que le paiement des artistes, djs, n'a pas toujours été uniforme et suffisamment transparent. Au début de la Mutinerie l'argent donné à des artistes, dj, performeuses, pouvait varier. D'ailleurs, encore une fois, une des grévistes en a, elle aussi, bénéficié. Il y a longtemps que nous avons déjà pointé ça du doigt et ce système s'est petit à petit régulé. Enfin lors de la dernière réunion un nouveau barème de cachets a été décidé, et il est maintenant le même pour toutes les performeusEs et le même pour toutes les dj. Pourquoi omettez-vous de parler de cela ? Pourquoi parler comme si ce n'était pas un problème que nous avions remarqué et réglé ?
    Cependant il est toujours possible de rediscuter cela et il est important que nous nous penchions sur les conditions de production des activités que propose la Mutinerie tout en gardant en tête que l'estimation du cachet des artistes doit inclure le temps de préparation qu’il y a derrière l’organisation d’une soirée et de la promotion que les artistes doivent assurer euxelles-mêmes.

    Quand vous dites "Aussi, quand eux se payaient directement dans la caisse, nous, nous devions quémander notre dû au point de se sentir illégitimes.." Nous ne voyons absolument pas à quoi vous faites référence. Chaque employéE de la Mut peut se payer directement dans la caisse elle-même. Toute personne qui a travaillé à la Mut le sait, cela nous semble encore une preuve de mauvaise foi.

    Véritable exploitation économique. Vous dites que le patron faisait croire à des risques de fermeture du bar. Ce n'est pas vrai le bar était en réel danger économique. – le bar gagne tout juste de quoi fonctionner : payer les gens, les boissons, le loyer etc. Or, il y a des problèmes de plomberie et des travaux à faire, très coûteux : l’eau inonde le sous-sol qui n’appartient pas au gérant, et il y a une plainte en cours. C’est dire l’urgence de ces travaux. + travaux d’insonorisation ( ultimatum de la préfecture avant fermeture administrative )… Donc si on voulait garder tout le monde, il fallait bien à un moment trouver des sources extérieures de financement.
    Cependant si des gens qui ont donné lors de la collecte de fonds le regrettent, qu'elles nous écrivent, nous nous engageons à les rembourser.
    Pour information, nous allons arrêter la collecte la semaine prochaine et publierons un communiqué comportant le montant final récolté et la manière dont les fonds vont être utilisés.

    A propos des bénévoles que le gérant auraient exploitéEs. Nous ne voyons que 2 choses auxquelles vous faites peut-être référence. Il y a eu un dj set bénévole et l'organisation d'une soirée concert de soutien par l'une des grévistes. A chaque fois, cela faisait suite à une proposition spontanée émanant des personnes bénévoles.
    Par contre, le gérant ici reconnaît qu'il n'a peut-être pas assez exprimé sa reconnaissance pour le travail et l'énergie investis dans ces actes de soutien. Il le regrette et présente ici ses excuses. Il est clair que ces initiatives avaient beaucoup aidé le bar.

    Comme déjà dit plus haut, le gérant travaillait avec un cabinet comptable et le bilan était diffusé à la fin de l'exercice comptable. Mais c'est clairement insuffisant. Nous reconnaissons que la structure de la Mut engendrait des rapports de pouvoir ne serait-ce que par la non-mise à disposition du bilan comptable aux nouvelles employées. Nous souhaitons en changer au plus vite, que chacunE ait le même pouvoir décisionnaire et qu’il y ait une plus grande transparence financière.

    Stigmatisation raciale. Encore une fois, vous parlez au nom de toutes les personnes racialisées mais ne représentez que vous-mêmes. Vous parlez d’accusation à l’encontre de personnes racialisées et motivées par du racisme. Vous dites aussi que ces accusations étaient infondées et injustes. Ce n'est pas vrai. Il y a eu effectivement une accusation de vol d'un sac à main qu'une cliente avait oublié au bar. Ce n'était pas une accusation nominative comme vous le dites. Par contre, l'une d'entre vous a reconnu qu'elle l'avait pris, puis après toute une série de mensonges, (1) a admis l'avoir volé. Ce qu'elle semble avoir oublié maintenant. Qui manipule qui ici?

    Vous dites "Une Répartition raciale des tâches : d’une façon générale, le ménage et les livraisons n’étaient assurés que par nous (…)"
    C'est faux. ChacunE a dû accueillir les livraisons et faire le ménage sans distinction de classe, de racialisation, de genre ou d'ancienneté au sein de l'équipe ( ou de positionnement dans la structure de la Mut : le gérant a nettoyé les toilettes, le gérant s'est occupé des livraisons, etc..).
    Par ailleurs, dans la dernière réunion il a été décidé que le rôle notamment d'accueil des livraisons ( travail pénible où il faut porter des choses lourdes et peu valorisant ) sera effectué par deux personnes ( le gérant blanc et un employé blanc ) pour que cette charge de travail ne soit pas rajoutée aux personnes qui travaillent au bar le jour des livraisons. A nouveau, vous faites abstraction de ce que nous avions déjà mis en place pour améliorer les conditions de travail, vous faites abstraction de la parole des autres employées, vous caricaturez et vous manipulez la réalité.

    Vous dites "Aucune responsabilité décisionnelle ne nous a jamais été concédée. "
    Nous reconnaissons que la structure de la Mut n'a pas permis un partage complet des pouvoirs. Même si des réunions étaient organisées régulièrement, même si chaque revendication pour améliorer les conditions de travail a toujours été acceptée et mise en place, même si beaucoup de décisions étaient prises collectivement, il est vrai que le gérant prenait certaines décisions seul et surtout, gardait le monopole sur la gestion de l'argent ( même si c'était en essayant de le faire de manière transparente). Par ailleurs, le gérant reconnaît ne pas avoir réussi à mettre en place des outils de communication qui auraient permis à certaines personnes qui n'osaient pas s'exprimer de le faire. Il accepte son entière responsabilité là-dedans et dans le fait de ne pas l'avoir fait parce qu'il était en partie inconscient de sa position de pouvoir et qu'il avait l'impression qu'il y avait une bonne communication au sein de la Mut'. C'était le cas pour la majorité des employées mais pas pour toutes.
    Cependant dès que ces critiques sont apparues, il a immédiatement proposé d'abandonner son poste de gérant, de changer la structure de la Mut et de mettre en place d'autres outils de communication. Ces propositions sont restées sans réponse et rien n'a été proposé à la place.
    Ainsi les méthodes que vous utilisez nous surprennent toutEs au sein du reste de l'équipe : une grève a lieu généralement quand des revendications ont été rejetées. Ce n'est pas le cas ici. Vous avez coupé la communication avant même de revendiquer des choses, n'avez répondu à aucune proposition de dialogue, n'avez pas contacté les autres personnes racialisées de l'equipe.

    Plus loin vous dites ''Une Répartition raciale des temps de travail : les noires et les arabes ne travaillent qu’ensemble le week-end parce que les blancs refusent de travailler avec nous.''
    C'est juste faux.
    Il suffit de consulter le planning de l'équipe pour se rendre compte que cet argument est faux. D'ailleurs, pourquoi se plaindre de l'oppression des blancs qui vous obligeraient à nettoyer les chiottes, si vous travaillez uniquement entre personnes racialisées ?? Faudrait savoir. Bref, encore une fois l'équipe non gréviste, personnes racialisées et blanches confondues confirment qu'il s'agit d'un mensonge. Les équipes de travail n'étaient jamais constituées en fonction de ces critères, il y a de nombreux jours où des personnes blanches travaillent avec des personnes racialisées. Par contre, ce qui est ironique, c'est que c'est l'une d'entre vous qui a demandé à ne pas bosser avec une autre personne de l'équipe ( extrait du mail ( capture d’ecran disponible ) : « j'ai demandé à Ju de ne plus bosser avec toi»).
    Ensuite, toutes les blanches travaillaient aussi le week-end à l'exception de l’une d'entre elles qui ne travaillait que le dimanche mais a déjà proposé un changement qui a été refusé par une des grévistes.
    Voici un extrait de leur échange par mail, des captures d’écran sont disponible si demandées : “ Si ça te saoule que je bosse que des dimanches, on peut échanger quelques de tes samedis contre des dimanche (j'ai un taf les vendredis, sinon je proposerai les vendredis aussi). (…)’’ et la réponse : “ pour moi là c'est du mélange perso et pro dans le sens où si ca me gênait ( ce qui n'est pas le cas) je ne t'en parlerai pas ici. Je t'en parlerai soit en vrai soit en réu. (…) Et moi, perso, ca me va tt à fait de bosser vendredi ou samedi.” ).
    Et enfin, la seule personne à ne bosser que du lundi au jeudi est une personne racialisée.
    Cependant, nous aurions dû mettre en place un planning non figé pour que les personnes ne travaillent pas les mêmes jours toutes les semaines, mais encore une fois, cela n'a jamais été mentionné en réunion.

    Vous évoquez ensuite la vulnérabilité, le manque de protection des employées face aux violences qu'elles subissent au travail. Le gérant reconnaît qu'il ne s'est pas assez investi dans cette question là et qu'il reste encore beaucoup de choses à faire. Il y a eu aussi des tentatives d'aborder ces questions et de trouver des solutions concrètes venant de la part d'une employée non gréviste qui n'ont pas vraiment été suivies d'actions. Enfin, il y a eu tout de même des décisions d'exclusion qui ont été prises dans une tentative de protéger les employées et la clientèle de différentes personnes qui ont été violentes envers elles. Par contre, le gérant reconnaît que, par exemple, lorsque ces décisions ont été prises ( jamais seul mais pas toujours prises avec l'équipe au complet présente ) l'information circulait mal, ce qui a donné lieu à des situations très problématiques : une personne exclue qui parvient à être dans le bar malgré tout. Et aussi dans l'autre sens où une fois une employée ne savait pas qu'une personne n'était plus exclue ( cette employée n'avait pas été la cible de cette personne mais tout de même c'était la mettre dans une position qui craint ).
    Ces problèmes de communication, ces décisions qui sont prises sans que tout le monde soit présent sont problématiques et nous proposons d'y mettre un terme en établissant par exemple un quota minimum de personnes devant être présentes pour qu'une décision soit prise et qu'ensuite cela soit communiqué immédiatement à chacunE et enfin archivé dans un document accessible à toute personne de l'équipe en permanence. Nous espérons aussi que le changement de structure légale de la Mutinerie favorisera également une meilleure communication et des prises de décisions exclusivement collectives.

    Même si nous les réfutons, nous n'allons pas relever les ''caprices de confort" que vous mentionnez ensuite à part pour relever l'expression d' "empathie sélective" que vous utilisez et qui nous semble particulièrement ironique.
    Vous avez fait de l'empathie sélective en parlant au nom de toutes les personnes racialisées de la Mutinerie sans leur demander leur avis. Malgré votre prétention d'avoir un discours purement politique, il ne semble pas anodin que parmi les 4 personnes racialisées de l’équipe qui n'ont pas été contactées, 2 se sont embrouillées avec une des grévistes (pour des diverses raisons; certaines personnelles et certaines professionnelles).

    La notion de consentement : Vous dites ''Ce lieu se revendiquant du féminisme tolère des prises d'espace, de visibilité et de pouvoir venant de personnes aux comportements douteux et abusifs. Et, plus généralement, ils ignorent ces comportements en fonction de la popularité des personnes impliquées.''
    Encore une fois nous ne voyons pas de qui vous parlez. Il nous semble au contraire que nous avons à plusieurs reprises été à l'écoute lorsqu'on venait nous voir pour nous signaler des comportements abusifs chez quelqu'unE, accédant même à des demandes telles que l'annulation de soirée ou l'exclusion du bar.
    Si vous avez un problème avec la présence ou la participation au bar de quelqu'unE parlez-en, dites ce dont vous avez besoin et dans la mesure du possible, aidez nous à élaborer des solutions.

    Une domination de genre. A propos de ce que vous reprochez au gérant là-dessus. Nous n'allons pas nous attarder dessus car le gérant reconnaît qu'il a très mal géré ses relations affectives et sexuelles ( même si quand même faut pas exagérer c'est faux quand vous dites qu'il "entretient des relations sexuelles (dissimulées) avec (au moins) quatre de ses employées"). Il reconnaît qu'il a fait peser ses choix affectifs et sexuels sur l'équipe du bar (communication moins bonne, prendre toujours la défense de la personne avec qui il entretenait une relation et du coup ne pas entendre les critiques d'ordre professionnel qui sont faites sur elles ), sur ses proches ( rivalité, impossibilité de s'exprimer sans craindre d'être perçue comme jalouse, amiEs tiraillées au milieu de cette situation, etc.. ) et sur les personnes concernées. Le gérant reconnaît qu'il s'agit d'un comportement anti-féministe. Il présente ses excuses pour ça et cela fait partie de sa décision d'abandonner sa position de pouvoir au sein du bar.

    Silence et violence. Vous dites "Nombreux et nombreuses sont celleux qui savaient mais qui ont choisi de ne rien dire, pire de cacher et mentir. (…)"
    Même si nous ne sommes pas d’accord avec ces accusations de “cacher et mentir’’ nous voulons dire ici que nous savons que nos communautés ne sont pas exemptes des oppressions racistes, classistes, sexiste et transphobe du monde dans lequel nous vivons. Nous sommes conscientEs qu’il est très important d’entamer un réel processus de remise en question et de réflexion sur ces questions là et que chacunE d’entre nous a beaucoup à apprendre pour être unE meilleurE alliéE. Nous comprenons que parmi les personnes racialisées de l’équipe cela peut être difficile de parler de ces sujets avec des collègues qui sont aussi des amies. Nous nous engageons à davantage parler ( notamment en réu ) et agir sur ces questions-là.

    Diffamation et exclusion. Vous dites ''le patron a alors tenté de virer l'une d'entre nous."ou plus loin vous parlez d' ''une véritable campagne de diffamation afin d'organiser un vote entre l'équipe-gérante pour l'exclure''.
    De nouveau tout cela est faux. La seule chose qui a été dite c'était de faire attention à ne pas colporter de rumeurs. Cela a été pris au sérieux. Le problème c'est que cette personne, que le patron voulait soi-disant virer, rejetait toute critique d'ordre professionnel en les qualifiant de rumeurs racistes, sexistes, et classistes.
    Manipuler des discours politiques pour refuser de prendre ses responsabilités est super nocif pour ces mêmes discours et c'est pour ça que même d'un point de vue politique, les personnes racialisées de l'équipe non grévistes sont particulièrement critiques de ces manipulations.
    Il n'y a pas eu de complot, il y a eu des critiques d'ordre professionnel de la part de beaucoup des collègues de cette personne. Même une des personnes gréviste et donc qui a co-écrit ou au minimum validé le texte Mutinerie à la Mutinerie se plaignait auprès de plusieurs personnes de l'équipe du comportement non-professionnel de celle soit-disant objet de rumeurs. Enfin, vous nous accusez d'avoir entrepris une "campagne de décrédibilisation" lorsque c'est l'inverse : cette personne a fait exactement ça vis-à-vis de plusieurs personnes de l'équipe ( elle a aussi fouillé dans les mails de l’un d’entre nous et a utilisé ce qu’elle y lisait en le décontextualisant et le déformant pour essayer de nous monter les unEs contre les autres ).

    Ce texte est déjà suffisamment long, encore une fois nous n'allons pas commenter beaucoup de choses qui sont des mensonges: organisation d'un soi-disant vote pour exclure cette personne, obligation de se retirer sans solde ( le gérant a proposé une indemnisation en mode ''solde de tous compte'' avant d'être accusé de vouloir acheter le silence de cette personne!)
    Cependant, nous reconnaissons qu’un jour, deux personnes de l’équipe se sont réjouies devant d’autres personnes du fait que la personne en question prenait une pause dans son travail à la Mutinerie. Même si il est important pour nous de faire comprendre qu’une partie de l’équipe ne souhaitait plus travailler avec elle pour des raisons de non-professionnalisme, nous reconnaissons qu’il était déplacé de s’en réjouir publiquement et a dû participer à l’impression de complot organisé contre elle.

    Dans la suite du texte il y a encore beaucoup de diffamations (niveau de vie qui aurait augmenté sous vos yeux pour certaines personnes) sur lesquelles nous n'allons pas nous attarder.

    Par contre nous voudrions particulièrement relever un des derniers paragraphes. "Par ailleurs, les cautions noires et arabes qui servent de marionnettes, qui croient encore en l’illusion républicaine, qui espèrent l’assimilation ou performent leur race dans un folklore dépolitisé ne peuvent en rien servir de prétexte à l’égalité ou servir à nous opposer. Oui, on ne pense pas toutes pareilles…"
    Nous sommes particulièrement choquées par ce passage qui est une tentative grossière de faire taire les autres personnes racialisées de l'équipe.
    Quelle condescendance ! Nous les personnes racialiséEs que vous invisibilisez, tout ce que nous pourrions dire est automatiquement décrédibilisé parce que vous jugez que nous ne sommes pas aussi conscientes, éclairées, politisées que vous-mêmes ? Si nous nous opposons à vous c'est que nous sommes des marionnettes ? Vous prétendez nous ôter, en ces quelques phrases méprisantes, toute légitimité. Cela appuie ce que vous avez fait tout au long de ce texte en sous-entendant que vous étiez les voix des employées racialisées de la Mutinerie. Cette usurpation de la parole d'autres personnes racialisées nous rend suspicieuses que le but réel de votre démarche soit vraiment d'améliorer la condition des personnes racialisées à la Mutinerie. Il nous semble, au vu des mensonges qui y sont racontés et qui circulent depuis un certain temps sur plusieurs membres de l'équipe non gréviste et sur le gérant, qu'il y a là dessous, en tout cas pour l'une des personnes grévistes, une histoire de vengeance personnelle liée à des questions affectives. On ne dit pas cela dans le but de dépolitiser l'affaire (nous reconnaissons qu’il y a beaucoup des choses à régler dans la structure de la Mutinerie pour améliorer les conditions de travail de touTEs) mais pour souligner combien votre texte essaie de faire taire toute critique ou avis contradictoire en niant l'existence d'une réalité interpersonnelle qui existait au sein de l’équipe.

    Toujours à propos de l'appropriation de la parole des personnes concernées : il y a deux textes qui ont été diffusés, l'un est la version longue à laquelle nous répondons ici et l'autre est un message plus court qui dénonce entre autres la transphobie. Encore une fois au nom de qui parlent ces personnes ? Elles n’ont pas contacté les personnes trans' de l'équipe pour faire consensus sur ces questions. De plus, l'une des grévistes a eu très régulièrement des propos transphobes ( dire que c'est cool de sortir avec un mec trans' qui n'a pas une voix de canard à cause de la testosterone, dire à deux clientEs que ce n'est pas transphobe de dire que les pédés ont des bites et les gouines des chattes, dire que les trans' se positionnent toujours en victime, refus de genrer correctement au moins 3 personnes trans', faire des blagues sur le mauvais passing d'unE clientE, dire à 2 reprises à une meuf trans' que les femmes trans' ont trop de la chance parce que c'est plus facile pour elles de faire du travail du sexe, etc… ) suivi d'un refus total de se remettre en question. Tout ça pour dire, que vous ne faites pas en plus le porte-flambeau de la lutte contre la transphobie, que c'est super déplacé et les trans' de la Mutinerie n'ont pas besoin de votre aide, merci bien.

    Réponse aux revendications

    Nous allons mettre en place le changement de statut du bar et la redistribution des rôles décisionnels. Cela fera l'objet d'un autre texte qui sera diffusé sur le site internet de la Mutinerie car nous avons besoin d'avoir un peu de délai pour voir quel type de structure nous pouvons adopter.
    Nous voulons aussi que les personnes grévistes fassent partie intégrante de ce changement. Cependant nous nous réservons encore le droit de nous prononcer sur la réintégration de la personne qui nous accuse de complot. A l'époque, personne ne s'était ligué et organisé contre elle ( et le gérant n'avait pas monté les gens contre elle). Mais maintenant, après avoir subi les mensonges qu'elle colportait sur beaucoup d'entre nous, son incapacité à se remettre en question, ses propos et comportements contraires à nos positionnements politiques, son comportement non-professionnel qui met le bar en danger et donc indirectement le travail de ses collègues (2), ses tentatives de manipulation et de nous monter les unes contre les autres, l'équipe non gréviste ne souhaite pour le moment plus travailler avec elle. Au point que si elle réintégrait la nouvelle version de la Mutinerie à laquelle nous espérons toutEs participer, plusieurs personnes préféreraient partir. Il faut donc que nous trouvions une solution ici qui réponde aux besoins de chacunE ( cette personne y compris ) autant que possible. Nous espérons que la réaction des grévistes à ce texte ira dans ce sens. Pour le moment, nous n'avons pas la réponse à cette question.

    Nous ne soutiendrons pas non plus la démission des personnes dites ''racistes'' car il nous semble que ces accusations sont basées sur des mensonges et des manipulations. Par contre, nous sommes d'accord pour faire malgré tout une remise en question sur ces questions-là qui pourrait passer par exemple par une réunion en non-mixité avec TOUTES les personnes racialisées de la Mutinerie, qui pourrait aboutir à des revendications portées auprès du reste de l'équipe.

    Nous refusons l'annulation de tout événement politique. Comme expliqué plus haut, nous avons des problèmes d'ordre politique avec une grande partie du texte La Mutinerie à la Mutinerie. De plus, un certain nombre de collectifs et d'associations comptent sur notre soutien financier et la visibilité que le bar leur apporte. Cependant, nous nous engageons à faire part aux personnes souhaitant organiser des évènement politiques à la Mut des critiques qui ont été émises à l'encontre de la Mutinerie ainsi que de notre réponse. Simplement en leur transmettant les deux textes et sans un mot de plus sur tout ça, de manière à ce qu'iels décident par iels même de leur participation ou non au bar, en connaissance de cause. Nous pouvons le faire par exemple par mail avec une des grévistes, de manière à ce qu'elles puissent s'assurer que c'est effectivement fait.

    Nous refusons également d'enlever la charte, elle a été écrite collectivement ( et largement par des clientEs ) par des personnes dont un grand nombre nous a signifié leur soutien face au texte Mutinerie à la Mutinerie, et même si nous reconnaissons que nous même n'arrivons pas à toujours veiller à ce qu'elle soit appliquée, nous y aspirons sincèrement. Cette charte, n'est pas un manifeste politique; c'est plutôt le fruit des observations communautaires et des conseils sur les comportements à adopter. Le fait que même nous n’arrivions pas toujours à les appliquer n’enlève rien à l’importance d’avoir un texte de ce type affiché dans le bar (d’ailleurs, dans le dernier point de la charte, c’est dit qu’on sait qu’on est pas parfaites).

    Nous refusons l'affichage du texte Mutinerie à la Mutinerie dans le bar car nous considérons qu'il est souvent manipulateur, diffamatoire et problématique politiquement. De plus ce texte et notre réponse sont longs, personne ne lira les deux jusqu’au bout affichés sur un mur dans un bar ! Cependant nous ne voulons pas le censurer. Donc, dans un soucis de transparence, nous proposons d’imprimer le texte Mutinerie à la Mutinerie et celui-ci en plusieurs exemplaires, de les conserver derrière le bar et dans la bibliothèque et de mettre une affiche dans le bar qui dirait “si vous voulez des informations à propos du texte Mutinerie à la Mutinerie il est disponible au bar, ainsi que sa réponse, n'hésitez pas à nous demander un exemplaire.''

    Nous sommes d'accord avec votre troisième revendication. Que les personnes grévistes nous fassent parvenir une liste des arriérés et congés maladie sur lesquelles elles estiment avoir été lésées. Pour les congés payés et l’indemnisation de chômage, nous sommes d'accord également. Nous pourrions établir ensemble une estimation qui correspondrait à ce qu'il leur aurait été dû si ces personnes avaient été sous contrat.

    Enfin pour la dernière revendication, nous estimons que ce présent texte contient les excuses nécessaires. Nous y reconnaissons à plusieurs moments nos torts. Mais nous pensons aussi que le texte Mutinerie à la Mutinerie instrumentalise différents discours politiques, invisibilise la parole d'autres personnes racialisées et se base sur des propos diffamatoires en espérant provoquer une telle réaction de scandale dans nos différentes communautés que personne n'écouterait nos réponses.
    C’est vraiment ce truc d’usurpation de la parole d’autres personnes racialisées qui nous dégoûte le plus : on a déjà du mal à faire entendre des voix de personnes racisées dans un monde post-colonial et surfer là dessus est dégueu, ça n'aide en rien les personnes racisées à s'émanciper. Mais et surtout, on a AUSSI du mal à se rallier, à se réunir entre personnes racialiséEs, et il y a plein d'initiatives, de tentatives, de groupes, de discussions qui se créent de plus en plus. Mais cela reste encore très insatisfaisant aux yeux d'un grand nombre de personnes. Et ce que vous faites là c'est désolidariser un groupe qui tend à s'unifier en séparant : racialiséEs du côté des blancHEs // racialiséEs du côté des "grévistes". Ca va forcément créer une fracture dans les mouvements de réunion de personnes racialiséEs. Et ça commence déjà puisque des amiEs à nous se sont largement laisséEs manipuler et vous soutiennent, se positionnent pour le boycott, avant même d’avoir lu notre réponse. Et nous sommes certaines que ça va avoir une incidence sur notre manière de nous réunir.

    Nous aimerions conclure en disant que nous reconnaissons qu'au cours de cette année passée nous n'avons pas mis en place un certain nombre de choses qui aurait amélioré les conditions de travail. Nous sommes choquées par l'usurpation de la parole des autres personnes racialisées de l'équipe, l'instrumentalisation de discours politiques et les propos diffamatoires et mensongers. Une éthique a été brisée aussi bien par l'équipe du bar que par les grévistes actuelles.
    Cependant il arrive à chacunE d'entre nous de faire des erreurs. Il y a des modèles mais pas d'école pour apprendre à créer des structures différentes. C'est difficile, c'est chaotique, mais c'est possible. Et nous espérons qu'une volonté réelle de notre part à changer la structure de la Mutinerie et une prise de conscience de la part des grévistes de ce qui est problématique dans leur texte permettra de nous rapprocher mutuellement, qu'elles réintègrent ou pas leur travail à la Mutinerie en fonction des besoins de chacunE. Notre objectif final reste le rétablissement d'une solidarité et d'une confiance mutuelle.

    MERCI DE DIFFUSER CETTE REPONSE PARTOUT OU MUTINERIE A LA MUTINERIE A ETE DIFFUSE.

    (1) Réponse 4 jours après la disparition du sac de la cliente : “Le sac (y a des papiers dedans), je l'ai et vais le déposer au commissariat du 18 sauf si qqun veut/peut le faire?'' alors que la Mutinerie est à 100 mètres du commissariat du quartier et habituellement, nous attendons, avant de faire cela, de voir si les affaires perdues seront réclamées. Puis la personne a fini par donner comme explication finale à celle qui avait fait remarquer le vol du sac : "oui j'avoue je l'ai volé mais c'était pour te l'offrir tu vois bien que c'est pas mon style de sac, il t'irait mieux".
    (2) fumer un joint dans le bar pendant les heures d'ouverture, fumer des cigarettes à l'intérieur du bar quand elle travaille tout en interdisant à la clientèle de faire pareil, laisser le bar longtemps sans surveillance quand elle travaille seule, prendre plus de pauses que ses collègues quand elle travaille en binôme, faire des abus de pouvoir en menaçant quelqu'un qui fait des ateliers à la Mut de prendre la décision seule d'annuler l'atelier, abus de pouvoir sur ses collègues aussi, de manière générale parler mal à la clientèle et en traiter un certain nombre mal, reprocher à ses collègues des choses qu'elle même ne fait pas ou mal, etc..

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  2. Sonia 31 octobre 2013

    Voilà la réponse à cette publication, rédigée par le reste de l'équipe de la mutinerie :
    http://paris.indymedia.org/spip.php?article14383
    Extrait de l'introduction :
    "Notre réponse ci-dessous est écrite par les huit autres personnes qui travaillent derrière le bar. Le texte Mutinerie à la Mutinerie semble parler au nom de toutes les personnes racialisées du bar. 
Nous tenons à préciser que les employées du bar qui ont rédigé le texteMutinerie à la Mutinerie sont au nombre de trois. Parmi nous, qui écrivont cette réponse, quatre sont racialisées (même si l’une a un passing conditionnel de blanche, c’est à dire que dans certains contextes elle est perçue comme blanche dans d’autres arabe et n’a, malgré tout, pas les mêmes privilèges que les blancHEs) et enfin, quatre sont blancHEs. Notre parole, et avant tout celle des autres personnes racialisées de la Mutinerie, a été confisquée par le texte Mutinerie à la Mutinerie…"

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  3. Nad 4 novembre 2013

    COMMUNIQUÉ DES GRÉVISTES DE LA MUTINERIE
     
     
    Suite à la réunion qui s’est déroulée avec les “autres employé-e-s de la Mutinerie” et leur patron, sans nous les grévistes, afin de « démêler le vrai du faux » ;
     
    Compte tenu de la réponse écrite que nous avons reçue qui illustre parfaitement ce que nous démontrons dans notre préavis de grève ;
    Étant donné les tentatives de diffamation et de discrédits dont nous avons fait l’objet publiquement visant à noyer les réelles raisons de notre grève ;
    Et, nos revendications[1] n'ayant aucunement été prises en considération,
    Nous rappelons haut et fort que le bar La Mutinerie refuse une répartition juste et collective (qui nous inclue) et n’a pas du tout la ligne politique qu’il prétend avoir. 
     
    Par conséquent, nous maintenons nos positions, nos revendications et,
    Nous poursuivons notre grève !


     
    Aussi, nous annonçons dès maintenant la création de différents comités de soutien aux grévistes de la Mutinerie dans différentes villes.
    Nous appelons toutes les personnes qui nous soutiennent à rejoindre les comités en place et à diffuser nos textes.
    Contactez nous :  mutineriealamutinerie@riseup.net

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  4. Blam 14 décembre 2013

    MUTINERIE A LA MUTINERIE
    Grève des cautions arabes et noires
     
    Depuis le 25 Octobre, une grève a lieu au sein du bar « la mutinerie ». Les grévistes ont rédigé un texte afin de dénoncer les oppressions dont elles ont été victimes depuis qu’elles travaillent au bar, SEXISME, RACISME, CLASSISME.
    La réponse-torchon de 11 pages rédigée et signée de la main du patron et des « autres employéEs » qui a suivie est la preuve criante de l’existence des dysfonctionnements que les grévistes dénonçaient initialement. Où ont-ils appris à s’allier au patron pour casser une grève ?
    Ce lieu, dont l’image et la popularité ne tiennent que parce qu’il se targue d’être dans la ligné de nos luttes, reproduit sous nos yeux les dominations sexistes qui ont lieu dans la plupart des bars hétéros/capitalistes. Aux yeux de tous se reproduisent les dynamiques racistes au point de réitérer jusqu’aux plus sordides des clichés. Les écarts de traitement, de salaire et de position montrent que la notion de répartition équitable des richesses est inconnue au sein de cet établissement.
    IL EST IMPORTANT DE RAPPELER, QUELQUES JOURS AVANT LA REUNION QUI DOIT AVOIR LIEU ENTRE LE PATRON ET LES GREVISTES, QUE LE TEXTE PUANT QU ILS ONT PUBLIE ADMETTAIT PARMIS UN RAMASSIS DE PALABRES DIFFAMANTES ET MENSONGERES :
     
              Que la manière dont sont distribuées les heures de travail et dont sont constitués les emplois du temps de chaque employé.e.s ne sont pas juste.
              Que La Mutinerie n’a rien mis en place durant toute l’année pour améliorer les conditions de travail.
              Que les informations, d’une manière générale circulent mal au sein de ce lieu qui est censé avoir un fonctionnement horizontal. Ce qui a pour conséquence directe d’empêcher l’accès aux informations principales de certaines personnes. Nul besoin de demander de qui il s’agit…
              Que le « paiement des artistes et djs n’a pas été uniforme et suffisamment transparent ».
              Que la reconnaissance exprimée pour les initiatives prises au bar était sélective.
              Que la structure de La Mutinerie engendre des rapports de pouvoir.
              Que le patron prend les décisions seul et qu’il gère tout seul les comptes du bar (et toutes les questions d’argent y référant) et les salaires de ses employé.e.s.
              Que le patron reconnaît qu’il ne s’est pas investi dans le problème récurrent de l’exposition aux violences de ses employéEs.
              Que le patron a très mal géré ses relations affectives et sexuelles faisant peser ses choix sur la gestion du bar. Le patron peu bien reconnaître qu’il a eu un comportement anti-féministe, le patron a agi comme n’importe qu’elle autre patron, en ayant la bonne conscience et plus value de pouvoir dire que son bar était avant tout un lieu féministe et plus largement politique.
              Ajoutons que lors de la dernière « réunion d’équipe » il avait été décidé que ce serait le patron et un employé blanc qui s’occuperaient des « taches peu valorisantes » (passons sur cette désignation qui en dit long sur la mentalité des personnes qui ont écrit ce texte). Ajoutons que cela a été décidé sans l’accord d’aucune personne de l’équipe. Cet employé blanc a été nommé, par le patron blanc « administrateur du bar». Précisons également que cet employé est aussi le colocataire du patron ! En ce sens, il cumule plusieurs salaires (et pouvoirs), il est administrateur, performeur (jusqu’à 200 euros pour 15 mn de performance !), il est aussi DJ, organisateur et programmateur de soirée pour le bar et encore organisateur d’ateliers, prof de danse et barman……
    En même temps qu’ils admettent tout ce qui précède, ils se permettent encore de rejeter en bloc les revendications légitimes des grévistes :
              « Nous exigeons un changement immédiat des statuts légaux du bar, que la direction et le fond de commerce soit collectivisés, ainsi que la démission des racistes de l’équipe. Nous voulons faire partie intégrante du rééquilibrage du bar et la redistribution des rôles décisionnels. »
              « Nous exigeons la suspension de tout événement politique jusqu’à nouvel ordre. La charte doit être retirée du bar et de tous les sites internet faisant référence à la Mutinerie. Nous voulons également que ce texte soit affiché sur place dès sa parution. »
              « Nous exigeons le paiement de tous nos arriérés, des arrêts-maladies et congés ainsi que le paiement rétroactif des week-ends, des heures de courses et de ménage effectuées depuis le début. Celleux d’entre nous qui refuseront de réintégrer ce lieu devront pouvoir bénéficier d’indemnités de chômage conséquentes. »
              « Nous exigeons la reconnaissance officielle des dommages infligés aux personnes concernées ainsi que la reconnaissance de la reproduction des oppressions de race, de classe et de sexe dans ce lieu. Pour finir, nous voulons des excuses publiques. »
     
    Il faut maintenant prendre conscience de ce qui se passe encore sous nos yeux : LES GREVISTES ONT ETE REMPLACEES. Sachez que l’une de ces personnes remplaçantes a profité des dysfonctionnements pour se faire rémunérer pour un atelier, initialement organisé par l’une des grévistes de façon non rémunérée – et encore en plus, pour se faire financer son atelier à hauteur de 500 euros au lieu des 60 euros prévus au départ… et cela, en plein conflit interne sur les questions de gestion financière des ateliers, nous sommes pour le prix libre… –  a profité de son travail à « pôle emploi » pour accéder au dossier personnel de l’une des grévistes, en utilisant des données confidentiels et s'en servir pour afficher de fausses informations sur la place publique (facebook !). Elle ment en prétendant avoir assisté à des agressions accusant les grévistes et évidemment, aujourd’hui, elle a récupéré le travail salarial des grévistes et tente de casser la grève…
     
    A la veille de la réunion qui doit se tenir entre les grévistes et le patron, il est important de prendre conscience de ce qui a déclenché la rage et la colère des grévistes. Ce mouvement est un geste fort pour montrer qu’on ne peut pas s’en prendre aux noirEs et aux arabes de l’équipe dans un bar qui se veut féministe, décoloniale et autogéré sans en assumer les conséquences. Cette grève doit servir d’exemple à toutes les personnes qui voudraient réitérer les hiérarchies coloniales et misogynes sous couvert de militantisme et de bonne conscience politique.  
     
     
     
     NI DUPES, NI AMNESIQUES, NI COMPLICES
     
     
    Le Comité de Soutien Parisien aux Grévistes de « la mutinerie »

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