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Des protestataires affrontent les forces de sécurité tunisiennes à Tebourba, localité située à l'ouest de Tunis. Photo : EPA

Pour réprimer le mouvement de contestation parti de Sidi Bouzid et qui s'étend à tout le pays, le gouvernement envoie les forces de sécurité, comme ici à Tabourba, le 10 janvier 2018. Photo : Yassine Gaidi/Anadolu Agency

Déploiement des forces de sécurité à Tabourba, le 10 janvier 2018 Photo : Yassine Gaidi/Anadolu Agency

Un membre des forces de sécurité tunisiennes braque des protestataires qui ont mis le feu à des poubelles et des pneus à al-Intilaka, un quartier de Tunis, le 10 janvier 2018. Photo : Nacer Talel/Anadolu Agency

Personnes scandant des slogans lors d'une manifestation en direction du bâtiment du gouvernement à Tunis le 12 janvier 2018. Sur la banderole, on peut notamment lire le mot d’ordre « Fech Nestanaou » (Qu’est-ce qu’on attend ?). Photo : Yassine Gaidi/Anadolu Agency

Manifestations à Tunis à l'occasion du 7ème anniversaire du renversement de l'ancien président Zine al-Abidine Ben Ali. Photo : Youssef-Boudlal/Reuters

Des Tunisien-nes adressent un carton jaune au gouvernement et manifestent contre les mesures d'austérité et l'augmentation du prix de certains produits de base, le 12 janvier 2018 à Tunis. Photo : Sofiene Hamdaoui/AFP

A Tunis, des manifestant-es marchent en direction du siège du gouvernement pour protester contre le pouvoir en place et les mesures d'austérité. Photo : Yassine Gaidi / Anadolu Agency

Les forces de sécurité tunisiennes bloquent l'accès aux manifestant-es et les empêchent de se rendre devant le siège du gouvernement. Photo : Yassine Gaidi/Anadolu Agency
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7 ans presque jour pour jour après que l’ancien président Zine El Abidine ben Ali ait été chassé du pouvoir, la Tunisie vit à nouveau au rythme de révoltes et manifestations cristallisées autour de l’entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2018 du nouveau budget de l’Etat. Afin de « réduire le déficit », un budget d’austérité a été voté au Parlement, prévoyant une hausse d’un certain nombre de taxes (notamment sur les voitures, les communications téléphoniques et internet) ainsi que des prix de l’essence et d’un certain nombre de produits de base.

Par leur ampleur, les protestations révèlent la dégradation continue des conditions de vie des habitants depuis la révolution de 2011. Le chômage augmente, notamment chez les jeunes où il atteint presque les 35% (selon les chiffres officiels). La baisse des recettes liées au tourisme et l’augmentation du prix d’un certain nombre de produits de base, contribuent à la détérioration de la situation.

Popularisée par une poignée d’activistes sous le mot d’ordre « Fech Nestanaou » (Qu’est-ce qu’on attend ?), une vague de protestations a gagné le pays depuis une dizaine de jours. Dès le dimanche 07 janvier 2018, des centaines de jeunes et moins jeunes ont pris les rues de Sidi Bouzid, la ville même où tout a démarré à la fin 2010. D’autres villes ont suivi et des manifestations ont été organisées un peu partout, notamment à Tunis.

Les habitants y ont exprimé leur défiance vis-à-vis des promesses non tenues du gouvernement en place, qui avait fait campagne en 2014 sous le thème de la restauration de l’autorité de l’Etat et du renforcement du secteur public (qui passait notamment par l’embauche massive de fonctionnaires),

Pour endiguer ce mouvement de contestation, le gouvernement a répondu de plusieurs manières. D’abord par une répression sanglante qui a fait plusieurs morts et des dizaines de blessés. Plus de 800 personnes ont été arrêtées depuis le début des protestations (d’après les sources mêmes du ministère de l’intérieur).

Le gouvernement a également imputé les récents événements à une simple manœuvre de l’opposition et de petits groupes de « fauteurs de troubles », une manière de délégitimer les revendications de la population.

L’exécutif a enfin – par la voix de son ministre des affaires sociales, Mohamed Trabelsi – annoncé qu’il allait débloquer une aide de 170 millions de dinars tunisiens (un peu plus de 56 millions d’euros) pour aider les foyers les plus pauvres. Le 14 janvier 2018, le président Beji Caid Essebsi s’est rendu à grands renforts de caméras à Ettadhamen, un quartier pauvre de Tunis, pour montrer symboliquement que les autorités se soucient du sort des plus démunis.

Depuis 2011, la Tunisie a connu 9 gouvernements différents, qui se sont tous montrés incapables de remodeler la nature profonde des réseaux de pouvoir en Tunisie et de mettre fin à la corruption et aux inégalités de développements entre les territoires côtiers et ceux du centre. La défiance de la population vis-à-vis de l’ensemble de la classe politique et des caciques du pouvoir atteint aujourd’hui un seuil critique.

L’an passé à la même période, des révoltes avaient éclaté à Ben Guerdane dans le sud du pays, et s’étaient notamment répandues à plusieurs autres localités, telles que Sidi Bouzid, Meknassi et Gafsa. Là aussi, la question du chômage de masse était au cœur des revendications.

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