Des organes de presse ont évoqué une possible participation d’Amine à des violences urbaines, ainsi que la dégradation d’un distributeur automatique de billets (DAB) et l’allumage d’engins incendiaires, dans la nuit du 13 au 14 juillet 2015, à Argenteuil, avant qu’il ne soit blessé par un tir de Lanceur de Balles de Défense (LBD).

Ces mises en cause sont d’autant plus énergiquement contestées que ni la dégradation d’un DAB, ni l’allumage d’engins incendiaires n’ont été évoqués lors de l’audition du 15 septembre 2015. Les images qui ont été présentées à Amine, tirées de l’exploitation de la caméra vidéo du bureau de poste situé sur la « Dalle l’Argenteuil », ne font que confirmer qu’il n’a passé que quelques minutes sur la dalle, a pris quelques photos et a allumé un ou deux petits pétards dont aucun n’a été jeté en direction de quiconque. Ce qui est conforme à ce qu’il avait précédemment déclaré.

C’est pourquoi, il est surprenant que des informations divergentes aient pu être diffusées auprès de la presse, à moins que cela ne l’ait été pour des motifs stratégiques de communication. De fait, le procédé consistant à mettre en cause la victime a été employé de manière quasi-systématique dans toutes les affaires d’usage abusif de LBD ayant causé des blessures graves.

Suite au tir dont Amine a été victime, une plainte a été déposée auprès de l’Inspection Générale de la Police Nationale qui est donc en charge du dossier d’enquête. Mais c’est la Sûreté Départementale du Val-d’Oise qui a convoqué Amine ce 15 septembre 2015, en insistant sur le fait qu’il s’agissait d’une enquête portant sur d’autres faits et donc de deux dossiers totalement distincts.

Il y a donc une évidente contradiction entre cette hâte à mettre en cause Amine dans une affaire soi-disant totalement distincte, en se fondant sur une unique vidéo qui ne contient pourtant aucun élément incriminant et cet empressement à relier ces deux affaires, soi-disant totalement distinctes, lorsqu’il s’agit de communiquer en direction du public.

Immédiatement après leur dépôt de plainte, les parents d’Amine et son avocat ont demandé à l’IGPN de s’assurer de la préservation de l’ensemble des vidéos des différentes caméras de surveillances existant sur les lieux. Il ne s’agissait donc pas de l’unique caméra des services postaux qui, bien entendu, ne couvre que les abords immédiats de la poste et n’apporte donc aucun élément concernant les circonstances dans lesquelles Amine a été blessé.

C’est donc l’IGPN et non les Services de la Police Départementale du 95 qui doivent détenir et avoir exploité ces vidéos. Nul n’est donc fondé, à l’issue de l’audition par la police qui s’est déroulée à Argenteuil, à formuler des commentaires tendant à sous-entendre que le comportement d’Amine aurait pu justifier le tir dont il a été victime.

Enfin, il est bien évident que des évènements se déroulant sur une période de temps relativement réduite et sur une zone circonscrite, aux termes desquels un enfant a été gravement blessé, ne peuvent être, en fonction du résultat recherché, tantôt disjoints, tantôt reliés entre eux, sauf à vouloir aboutir, pour les mêmes faits à plusieurs points de vue partiels et partiaux, systématiquement défavorables à la victime.

Cela est inacceptable.

Argenteuil, le 18 septembre 2015.