La ville d’al-Quds (Jérusalem) a une valeur toute particulière pour les musulman-e-s : al-Haram al-Charif y abrite al-Masjid al-Aqsa, troisième Lieu Saint de l’Islam (après al-Masjid al-Haram à La Mecque et al-Masjid-an-Nabawi à Médine) et première qibla des musulman-e-s.

C’est vers al-Quds que les musulman-e-s se tournaient pour effectuer leurs cinq prières, et c’est bien vers elle que nos pensées et nos invocations vont en ce jour d’Aïd al-Adha.

Ces derniers jours ont en effet été marqués par une intensification de la répression autour de la mosquée al-Aqsa, dont l’accès est rendu de plus en plus difficile aux Palestinien-ne-s. L’objectif affiché de groupes financés et appuyés par le régime israélien est de détruire ce Lieu Saint pour y construire un « temple juif ».

A cette triste actualité viennent s’ajouter les nombreux palestiniens blessés par les balles des civils et militaires israéliens et les morts quasi quotidiens. Hadil Salah Hashlamoun, 18 ans, et Diyaa Abdulhalim Talahmah, 21 ans (rahimahoum Allah) viennent d’être froidement abattu-e-s à al-Khalil (Hébron) par les soldats d’occupation israélienne.

Dans ces conditions, il est de notre devoir d’agir ici pour soutenir la lutte menée par nos sœurs et nos frères de Palestine. Mais comment ?

Comment, en effet, pouvons-nous agir face à une situation dramatique qui nous bouleverse tou-te-s mais dont les médias parlent si peu ? Comment nous autres musulman-e-s installé-e-s en France pouvons-nous agir face au projet israélien de destruction de la mosquée al-Aqsa ?

Accomplir un travail d’information auprès de la communauté notamment nous semble être la première chose à faire. Un travail pour rappeler à la fois les derniers événements survenus à al-Quds et les inscrire dans une perspective historique palestinienne, arabe, islamique.

Ce travail est d’autant plus important qu’en France, une grande partie du mouvement de solidarité avec la Palestine semble tétanisée à l’idée même d’évoquer les événements autour d’al-Aqsa, de peur que cela n’accrédite la thèse d’une « guerre de religions ».

Occulter la dimension spirituelle et religieuse du conflit colonial en cours en Palestine est pourtant absurde : nous savons bien qu’en plus de réprimer dans le sang les Palestinien-ne-s dans ce qui constitue depuis 1948 une Nakba permanente, les autorités sionistes tentent de saper les bases mêmes de l’identité palestinienne, de son histoire, de sa culture et de sa langue, et pour cela s’attaquent notamment aux lieux de culte.

C’est pourquoi nous comptons mener un travail d’information via les rencontres que nous organiserons très prochainement avec d’autres structures associatives et politiques. Et surtout avec vous tou-te-s, c’est-à-dire avec toutes les personnes désireuses de contribuer d’une manière ou d’une autre à cet effort en direction de nos frères et sœurs de Palestine.

Il existe bien entendu différentes manières de soutenir la lutte des Palestinien-ne-s et de faire pression sur Israël. Mais une chose est certaine : les crimes israéliens n’ont lieu que grâce à la complicité active des Etats-Unis et de l’Europe (dont la France) et à l’inertie – voire pour certains à la complicité – des régimes arabes.

Toute action visant à infléchir la position pro-israélienne du gouvernement français est la bienvenue. Et sur cette question, nous avons un rôle important à jouer.

Car bien que nous n’en soyons pas toujours convaincu-e-s, nous constituons une force dans ce pays. Une force non seulement par le nombre, mais aussi par notre histoire personnelle et collective, notre héritage familial. Par les liens puissants qui nous lient aux Palestinien-ne-s. Par l’expérience commune de la colonisation et de la résistance à celle-ci.

Nous comptons sur la mobilisation du plus grand nombre d’entre vous et vous disons à très bientôt, inchaAllah.

Aïd moubarak kareem à toutes et tous.

Les membres de la Campagne ALI – Marseille, Paris.
24 septembre 2015 – 10 Dhu al-Hijja 1436

Notes

Source : Campagne ALI.
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