Expliquer le privilège blanc à une personne blanche et pauvre
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  • Expliquer le privilège blanc à une personne blanche et pauvre

  • 5 octobre 2017
  • Il y a des années, lorsqu’une féministe m’a dit sur internet que j’étais « privilégiée » :

    « Put*** de quoi ??! », j’ai répondu.

    Je viens du genre de communauté pauvre dont on refuse de croire qu’il en existe encore dans ce pays. Avez-vous déjà passé un hiver glacial dans le nord de l’Illinois, sans chauffage ni eau courante ? Moi, si. A 12 ans, prépariez-vous des nouilles chinoises dans un percolateur à café, avec de l’eau ramenée d’un bain public ? Je l’ai fait. Avec vous déjà vécu à l’année dans une aire de caravanes, et utilisé l’adresse postale d’une connaissance pour recevoir votre courrier ? Nous, si. Avez-vous fréquenté tellement d’écoles élémentaires, que vous ne pouvez vous souvenir que du quart du nom d’entre elles ? Bienvenue dans mon enfance.

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    Cette caravane est bien plus jolie que celle dans laquelle j’ai grandi

    Alors quand cette féministe m’a dit que je bénéficiais du « privilège blanc », je lui ai répondu que ma peau blanche n’avait fait que dalle pour m’éviter de vivre la pauvreté. Et puis, comme toute féministe instruite l’aurait fait, elle m’a renvoyée vers le désormais célèbre article de Peggy McIntosh paru en 1988, « Privilège blanc, déballer le havresac invisible ».

    Après une lecture du puissant texte de McIntosh, il est impossible de dénier qu’être née blanche aux Etats-Unis permet certains privilèges immérités dans la vie, privilèges dont les personnes racisées [of color] ne bénéficient tout simplement pas. Par exemple :

    • « Je peux allumer la TV ou regarder la première page du journal et voir les gens de ma race largement représentés. »
    • « Quand on me parle de notre héritage national ou de « civilisation », on me montre que ce sont les gens de ma couleur qui en ont fait ce qu’il est. »
    • « Si un flic de la circulation m’ordonne de me ranger ou que l’inspection des impôts examine ma déclaration, je suis sûre que je n’ai pas été sélectionnée à cause de ma race. »
    • « Je peux, si je le désire, m’arranger pour être en compagnie de gens de ma race la plupart du temps. »

    Si vous lisez le reste de la liste, vous verrez comment les Blancs et les personnes racisées font l’expérience du monde de manière très différente. Mais écoutez : tout cela n’est pas dit pour que les personnes blanches se sentent coupables de leur privilège. Ce n’est pas votre faute si vous êtes né-e avec la peau blanche et que vous vivez ces privilèges. Mais que vous le vouliez ou non, vous en bénéficiez, et c’est votre faute si vous ne faites pas l’effort d’en être conscient-e.

    Je peux comprendre que le texte de McIntosh irrite certaines personnes dans le mauvais sens. Il y a plusieurs points de la liste qui parlent plus du statut de l’auteure en tant que personne de classe moyenne, que de son statut en tant personne blanche. Par exemple :

    • « Si je dois déménager, je peux être pratiquement sûre de louer ou d’acheter un logement dans un quartier que je peux me permettre et où j’ai envie de vivre. »
    • « Je peux être à peu près certaine que mes voisins dans ce lieu seront soit neutres soit aimables avec moi. »
    • « Je peux aller faire mes courses seule, la plupart du temps, en étant assez sûre de ne pas être suivie ou harcelée. »
    • « Si je le veux, je suis presque sûre de trouver un éditeur pour cet article sur le privilège blanc. »

    Et il y a tellement de points dans ce texte où le mot « classe » pourrait se substituer à celui de « race », ce qui au final brosserait un tableau très différent. C’est pourquoi j’ai eu du mal et mis beaucoup de temps à m’identifier à ce qui est écrit dans ce texte. Il y a quelques années, quand j’ai écrit pour la première fois sur le privilège blanc, je me suis demandée pourquoi cette femme blanche pensait que mes expériences étaient les mêmes que les siennes, alors que, non, ma famille n’aurait certainement pas pu louer une maison « dans un quartier que nous aurions pu nous permettre et dans lequel nous voulions vivre », et non, je n’aurais pas pu faire du shopping sans craindre mes voisins d’infortune.

    L’idée que n’importe quelle personne blanche puisse trouver un éditeur pour un texte est certainement un symptôme de privilège de classe. Étant issue d’une famille où personne n’a obtenu le bac ou ne connait d’intellectuel-les ou de personnes ayant fait des études supérieures, il ne me serait jamais venue à l’esprit que je puisse être publiée. C’est une anomalie absolue que je sois diplômée, sachant qu’aucune personne des deux côtés de ma famille n’a le moindre diplôme universitaire. Et j’ai attendu d’avoir 30 ans pour croire que quelqu’un de mon extraction puisse atteindre un tel niveau. La pauvreté colore chaque perspective d’opportunité d’avancement dans la vie. Les classes moyennes, les gens éduqués, supposent que n’importe qui peut atteindre ses objectifs s’il travaille assez pour ça. Les gens qui baignent dans la pauvreté ne font pas de vieux os à travailler à la station-service qui paie leur location de caravane, leur automédication à base de cigarettes et de drogues prescrites, jusqu’à ce qu’ils meurent d’un arrêt cardiaque (je viens de décrire une partie significative de ma famille et la vie que je pensais vivre avant d’avoir la chance d’en sortir).

    Moi, peut-être plus que d’autres personnes, peux tout à fait comprendre pourquoi des blancs pauvres sont énervés quand le mot « privilège » est jeté dans la conversation. Enfant, j’étais constamment discriminée parce que pauvre, et cette blessure est encore très profonde. Mais heureusement, mon cursus à l’université a introduit en moi un concept plus nuancé du privilège : le terme intersectionnalité. Le concept de l’intersectionnalité reconnaît que les gens peuvent être privilégiés à certains égards, et certainement pas privilégiés à d’autres. Il y a beaucoup de types différents de privilèges – et pas seulement le privilège racial – qui ont un impact sur la façon dont les gens peuvent se déplacer à travers le monde ou sont confrontés à des discriminations. Ce sont toutes ces choses dans lesquelles vous êtes né-e, et non pas les choses que vous avez obtenues, qui vous offrent des possibilités que les autres ne peuvent pas avoir. Par exemple :

    Citoyenneté : en étant simplement né-e dans ce pays, vous avez certains privilèges auxquels les non-citoyens ne pourront jamais accéder.

    Classe : être né-e dans une famille financièrement stable peut aider à garantir votre santé, le bonheur, la sécurité, l’éducation, l’intelligence, et les possibilités futures.

    Orientation sexuelle : si vous êtes né-e hétéro, chaque Etat dans ce pays vous permet des privilèges que les non-hétéros doivent obtenir en allant devant la Cour suprême.

    Sexe : si vous êtes né mâle, vous pouvez envisager de marcher dans un parking sans risquer d’être violé et d’avoir à gérer un avocat de la défense rejetant la faute sur ce que vous portiez ce jour-là.

    Capacité : si vous êtes né-e valide, vous n’avez probablement pas besoin de planifier votre vie autour de l’accès aux handicapé-es, le braille, ou d’autres besoins spécifiques.

    L’identité de genre : si vous êtes né-e cisgenre (votre identité de genre correspond au sexe qui vous a été assigné à la naissance), vous n’aurez pas à vous soucier que l’utilisation des toilettes ou d’un vestiaire provoque une indignation publique.

    Comme vous pouvez le voir, appartenir à une ou plusieurs catégories de privilèges, surtout être un homme, blanc, hétéro, valide, de la classe moyenne, peut être comme gagner à une loterie à laquelle vous ne saviez même pas que vous jouiez. Mais cela ne veut pas dire que toute forme de privilège soit exactement la même que l’autre, ou que les gens à qui il manque une zone de privilège puissent comprendre ce que c’est que de manquer d’autres zones. La discrimination raciale n’est pas égale à la discrimination sexuelle, et ainsi de suite.

    Et écoutez : reconnaitre un privilège ne signifie pas s’accabler de culpabilité ou de honte dans la vie. Personne ne dit que les hommes blancs hétéros valides et de classe moyenne sont des tas de trous du c** qui n’ont rien fait pour obtenir ce qu’ils ont. Reconnaitre son privilège, c’est simplement être conscient-e que certaines personnes doivent travailler plus dur juste pour vivre les choses que vous tenez pour acquises (si toutefois ils les expérimentent un jour).

    Je sais maintenant que je suis privilégiée à bien des égards. Je suis privilégiée en tant que citoyenne blanche Je suis privilégiée en tant que femme cisgenre. Je suis privilégiée en tant que valide. Je suis privilégiée parce que ma langue maternelle est aussi la langue nationale, et que je suis née avec l’intelligence et l’ambition qui m’ont sorties de la pauvreté à laquelle j’étais destinée. J’ai été privilégiée parce que j’ai pu me marier avec un homme privilégié, instruit et de classe moyenne, qui attendait pleinement de moi que j’obtienne mon diplôme universitaire.

    Il y a un million de manières par lesquelles j’expérimente un privilège, et certaines que je ne vis pas. Mais heureusement, l’intersectionnalité nous permet d’examiner ces dimensions variables et ces degrés de discrimination tout en sensibilisant à la conscience des résultats produits par de multiples oppressions simultanées.

    Dites-moi, êtes-vous une personne blanche qui s’est sentie mal à l’aise avec le terme de « privilège blanc » ? Est-ce qu’une approche plus nuancée vous a aidée à voir plus clairement votre propre privilège ?

    Notes

    Source : HuffPost.
    Traduit de l’anglais par RC, pour Etat d’Exception.

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    Cet article a 11 commentaires

    1. Mon malais vient plus de la connotation que ce mot, privilège, a pour moi. Je crois aussi que ce qu’on appelle des privilèges, ne sont en fait, la plupart du temps, que des droits fondamentaux dont TOUT le monde devrait bénéficier, et le fait de les nommer avec le mot  »privilège », vient normaliser la situation inverse de non-privilège, et remettre la tare sur les privilégié-es, plutôt que de simplement tenter de rétablir un équilibre plus juste dans lequel plusieurs de ces droits fondamentaux seraient accessibles à tous et ne seraient plus des privilèges réservés pour certaines élites.

    2. Je suis un jeune mâle blanc de 22 ans hétérosexuel, et je n’ai dans ma vie connu que la discrimination.
      Discriminé et victime du racisme à l’école où, en raison de mon genre et de ma couleur de peau, j’étais rejeté par mes camarades
      de classe composés essentiellement d’africains (j’ai fait toute ma scolarité à Saint-Denis).
      Discriminé au travail où dans mon secteur (restauration), je dois faire face à une forte concurrence de sans-papiers qui font que les salaires sont toujours plus bas et rendent impossible l’obtention d’un travail stable. Peu importe mon CV, le racisme au travail fait que l’employeur préférera toujours l’embauche d’un cuisiner sri-lankais, qui acceptera de travailler quasi-gratuitement, à un jeune blanc.
      Discriminé dans l’obtention d’un logement. Le racisme d’Etat fait que ma demande de logement social a été refusée, car la priorité est accordée aux migrants et familles nombreuses africaines. Discriminé dans l’ouverture d’un compte bancaire (car chômage ou contrat à durée déterminée). Discriminé et rejeté par les femmes (car l’homme blanc , jugé trop gentil, est rejeté par la plupart des françaises).

      Néanmoins, je suis conscient d’être privilégié sur certains points et salue la justesse de cet article.

    3. Fulbert continuez à vous gausser des difficultés des autres
      Que vos amis continuent à glisser les cv avec noms « exotiques » directement dans la poubelle même dans la fonction publique, à croire que toutes vos qualités passent par votre couleur, continuez à essayer de diminuer d ‘intimider …mais ne vous étonnez pas que les plus fragiles vous attaquent que les immigrés se contre fichent de vous voir attaquer RIRA BIEN QUI RIRA LE DERNIER

    4. Excellent article. J’avais deja entendu parlé du concept de privilege associé à blanc via les mouvrments feministe present sur Twitter rt notamment les afro-feministe. Content de voir que ce concept se propage.
      L’article serait encore mieux si le nom de la personne à l’origine du concept d’intersectionalité, kimberley crimshaw (pas sur de l’orthographe) , etait mentionné 🙂

    5. Très bon article!
      J’avoue avoir été déconcertée plus d’une fois dans ce genre de situation et je comprends que le mot de privilégié puisse être insultant quand une personne a autant souffert de ce « non privilège » que d’être pauvre. Un regard nuancé comme celui de l’article permet en effet de mieux aborder le sujet.

    6. La discrimination en fonction du sexe est plus complexe que ça, par exemple, des femmes trans peuvent être discriminées alors qu’elles ne sont pas nées « mâles » ( on parle plus d’assignation à la naissance, d’ailleurs) et inversement certains hommes transgenres, des personnes nés « femelles » ne vont pas être discriminés toute leur vie selon leur assignation de naissance. D’autres hommes trans, si.

    7. Pas sûr qu’avoir conscience de ses privilèges suffise à progresser. Puisqu’on est toustes privilégiers sur un plan ou un autre, que peut-on faire ensuite à partir de cet conscience intersectionnelle de dominant-e ?

    8. Merci pour l’article.

      Petite remarque : le lien vers « Privilège blanc, déballer le havresac invisible » pointe sur le site de développement (ede.dev).

    9. Merci pour ce très bon article et pour l’avoir traduit. Un dominant est toujours dans le déni de sa domination. Il pinaille, il amoindrit. Il trouve mieux que lui. Ensuite, il attribue les discriminations aux victimes (« classes laborieuses, classes dangereuses »). C’est spécialement le cas pour les hommes qui ignorent même le concept de domination masculine.

    10. J’ai 30ans, « mâle blanc heterosexuel » donc privilégier comme vous dite…
      Pourtant j’ai été harcelé par un noir a l’école, j’ai été refuser au CPAS alors qu’un homme noir on lui promettait mont et merveille, j’ai connu le chômage, ….
      Sans compter une légère surdité a l’oreille droite, un défaut d’équilibre, un handicap du genou droit et une scoliose….
      Et d’ailleurs ont ne parle jamais d’un « homme noir privilégier » en Afrique! Pourtant un Blanc là-bas est minoritaire.
      Sans oublier le terme de « race » qui est une insulte envers l’humanité! Les scientifiques sont tous d’accord la dessus, il n’existe qu’une seule et unique race humaine.
      Le jour où l’être humain arrêtera de vouloir voir des races partout et a faire la différence entre homme-femme-autres a définir (bien que ce soit la biologie qui défini le sexe et non le cerveau ni les parents, docteurs ou autre, …), personnes de couleurs (blanc est une couleur jusque preuve du contraire), et les orientations sexuelles tout pourra aller mieux.

      En attendant nous sommes dans une impasse entre les LGBT, les féministes, les « racistes » (dans tout genre, toutes couleurs, …), les pro-patriarcat, les « bien pensants » et autres abrutis.

      En gros c’est l’être humain de type Blanc qui est juste trop débile pour ce rendre compte des enseignements des différents penseurs comme Jésus ou bouddha.

      Maintenant je vous laisse réfléchir a votre condition d’être humain, quelque soit votre couleur, votre orientation sexuel, votre religion car il y a des choses plus importante.

      (Signer un bouddhiste fatiguer de la bêtise humaine)

      1. Réponse à Vincent qui peut sûrement intéresser aussi Fulbert
        Les systèmes d’oppressions sont systémiques et mêmes si cela n’implique pas forcément qu’ils ont une forme très arrêtée c’est pourquoi ce que vous décrivez en parlant de discriminations et meme de racisme antiblanc, au lieu d’aller dans le sens de votre réflexion me fais penser que cela ne constitue qu’un élément de plus prouvant la discrimination d’état envers les personnes de couleur existe bel et bien (et oui le blanc est bien une couleur au meme rang que toutes les autres et je ne sais pas de quel pays vous êtes mais que ce soit en Amérique du Nord ou en France et dans bien d’autres pays occidentaux ( et meme non occidentaux, attention à ne pas oublier l’histoire de la colonisation en parlant de pays notamment africains ) c’est la couleur qui permet l’accès a énormément de privilèges, accès aussi favorisé par le fait d’être un homme) , je vais essayer de développer à partir d’un des exemples que vous avez utilisé, celui de la soit disant discrimination antiblanche a l’emploi : le fait meme que vous vous plaigniez qu’un homme noir ait été plus favorisé que vous sur ce plan la montre bien que c’est quelque chose qui sort de la norme ce qui sous tend donc l’existence d’une réelle discrimination envers les personnes racisées. Voilà le risque de vouloir adapter des modèles de discrimination existants à un cas en particulier, le sien. + l’exemple du « harcèlement par un noir » : imaginez le nombre de personnes qui vivent et on vécu la chose à l’inverse de vous (être seul ou peu dans une classe d’enfants blancs et tout ce que cela implique quand cette classe est dans un pays habité en grande partie par des blancs), pensez vous vraiment que c’est eux qui vivent une discrimination isolée, hors norme?
        Et en ce qui concerne votre souhait que « l’être humain arrête de vouloir voir des races partout et a faire la différence entre homme-femme-autres a définir » c’est justement en tant qu’homme blanc que vous pouvez en arriver à souhaiter ce genre de chose contrairement à une personne exposée tous les jours par son corps a tous types d’oppressions (définies justement par cette catégorisation en races, genres … Soyons clairs, moi aussi, en tant que féministe j’aimerais un monde dans lequel cette catégorisation n’a jamais existé mais ce n’est pas le cas et ce n’est pas les opprimés qui ont choisi de l’être, vous ne pouvez alors pas leur reprocher de faire appel à ces notions utilisées pour informer des personnes comme vous) dont toute un part m’est, en tant que femme blanche cisgenre de classe moyenne valide … , impossible à imaginer cependant je vis certaines des discriminations de genre au quotidien ce qui m’empêche de tenir des positions comme les vôtres à propos du privilège blanc.
        je suppose que vous avez déjà du vous retrouver dans des situations, en société, de gêne par rapport à vos handicaps qui ne sont pourtant pas ceux qui exposent le plus à des problèmes d’accessibilité; je finis donc là dessus en me disant que peut être imaginer par exemple que votre légère surdité à l’oreille soit plus importante (donc imaginer tout ce que vous seriez empêché de faire dans une société construite par et pour et des gens valides) vous aiderais à mieux comprendre cet article et la vie qui vous entoure et en espérant que vous me lirez sans rester dans cette vision des choses (vexation par exemple) qui vous en empêche

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