Le présent article se veut une critique « indigène » et non experte du livre de Sadri Khiari, membre fondateur des Indigènes de la République (anciennement Mouvement des Indigènes de la République, devenu Parti des Indigènes de la République (PIR) en 2010), intitulé Malcolm X : stratège de la dignité noire, paru aux éditions Amsterdam en février 2013.

L’ouvrage est d’importance, dans la mesure où son objet est totalement inédit en France : il propose en effet, et selon les termes mêmes de son auteur, une « réappropriation critique de la pensée de Malcolm X » et ce, « d’un point de vue indigène et à partir des préoccupations spécifiques des indigènes en France[1] ».

Pour autant, à ce jour, les critiques ou commentaires éditoriaux de cet « écrit politique » semblent quasi inexistants, à l’exception notable d’un article universitaire[2].

Il m’est ainsi apparu politiquement important, en tant qu’« indigène » en France, de saluer la publication de ce livre en m’essayant à la critique qui va suivre.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il me semble également nécessaire de préciser clairement le niveau de ma critique, en détaillant les éléments tenant à mon profil personnel, ainsi que ceux qui ont trait à l’ambition du présent article.

Mon profil personnel : « indigène » de classe moyenne sans expérience militante

S’il est un enseignement politique basique largement connu du parcours de Malcolm X, c’est celui consistant à objectiver politiquement sa propre personne, et à s’efforcer de se présenter sans fard à son auditoire. Cela afin d’éviter de se leurrer soi-même, et de « ratiboiser[3] » le lectorat ou l’audience qui a le respect et la générosité de vous lire ou de vous écouter. Cette exigence, visant à se situer personnellement avant d’entretenir ou d’adhérer à un quelconque discours politique, est en effet une constante dans les discours de Malcolm X, comme l’illustrent nombre d’entre eux (dont notamment « Educate our people in the science of politics » ; « I think with my own mind » ; « We have to learn how to think » , publiés dans l’ouvrage Malcolm X: February 1965, The Final Speeches aux éditions Pathfinder), et comme le soulignent les analyses universitaires afro-américaines de ces mêmes discours (dont celles de l’ouvrage très intéressant de Robert E. Terril Malcolm X: Inventing Radical Judgement publié pour la première fois en 2004 aux Etats-Unis, et l’article critique de cet ouvrage, The Oratory of Malcolm X, de Ursula Mac Taggart, consultable sur internet). Le seul écrit politique, à la rédaction duquel Malcolm X a d’ailleurs consenti de son vivant, portait en effet sur l’exposé de son propre parcours[4],

Dans le même esprit, s’il semble être une exigence constante et primordiale de tout débat politique « indigène » en France, c’est bien celle consistant à détailler clairement sa propre position personnelle, à partir de laquelle on entend faire passer ses idées. Il s’agit en effet de s’efforcer de répondre en priorité à la question suivante : « D’où parles-tu ? ».

« Métis[5] » né en France de père marocain et de mère française, j’ai automatiquement obtenu la nationalité française à la naissance et n’ai donc pas eu à subir l’épreuve politique de la « naturalisation » à ma majorité.

Ayant vécu dans une banlieue résidentielle pour classes moyennes d’une petite ville de province, je n’ai pas vécu et ne vis pas personnellement les phénomènes d’exclusion raciste de la société française avec la même intensité que les personnes vivant dans les « banlieues ». Dans mon cas, l’exclusion s’est traduite concrètement par des phénomènes d’injures et d’agressions racistes, plus ou moins manifestes selon les cas, et par une expérience du chômage et de discriminations à l’embauche. Pour autant, je n’ai jamais eu à subir de phénomènes de ségrégation spatiale et territoriale, ni de violences policières.

J’exerce actuellement la profession d’avocat et je suis donc « intégré » professionnellement parlant.

Ma connaissance de l’histoire politique des immigrations ou des « quartiers » en France est essentiellement livresque et s’est inscrite jusqu’à ce jour dans une démarche purement individuelle : je n’ai pas d’expérience politique ni militante directes au sein d’associations, de mouvements ou de partis orientés politiquement sur la défense des intérêts des « indigènes[6] ».

J’ai ainsi été affecté directement par le phénomène d’acculturation classiquement induit par l’intégration des classes moyennes et supérieures « indigènes » en France (méconnaissance de la langue arabe du fait de l’absence de transmission paternelle). Sur la question plus particulière de l’islam, si je suis clairement sensible à des éléments spirituels[7] de cette religion, qui est celle de la moitié de ma famille – tout en étant étiqueté automatiquement et péjorativement comme musulman au sein de la société française – je ne l’ai jamais pratiquée et ne la pratique pas. Je me définis intimement comme agnostique et proche de certaines spiritualités asiatiques (Taoïsme).

Malcolm X a été et constitue pour moi depuis mon adolescence, et comme pour beaucoup de personnes victimes du racisme en France, une référence politique et identitaire que je me suis longtemps efforcée d’étudier avec soin et précision (via notamment, entre autres, la lecture de l’intégralité de ses discours en langues anglaise et française).

Je suis, pour partie, en accord avec le discours politique du Parti des Indigènes de la République (PIR), en ayant été un certain temps simple sympathisant (via une simple contribution financière annuelle) de cette structure, sans pour autant en avoir jamais été un membre actif ni officiel.

L’objectif de cet article : s’inscrire dans un débat indigène-ouvert autour de la question du pouvoir politique « indigène » en France

Compte tenu de mon profil personnel évoqué ci-dessus, j’aspire ainsi concrètement dans cet article à éviter l’écueil d’une prétention à une critique experte (qu’elle soit politique ou universitaire de type post-coloniale) du livre de M. Khiari, critique que je n’ai au demeurant et objectivement pas les moyens de tenir.

En ma qualité de français « non-blanc », le propos qui va suivre consiste donc simplement à faire part de mes réflexions personnelles concrètes et de mes critiques sur le débat concernant la réappropriation de Malcolm X pour penser une stratégie politique immigrée en France. C’est ce débat auquel nous invite d’ailleurs expressément Sadri Khiari dans son livre, l’auteur entend lui-même ne pas faire œuvre de « Malcolmologie » :

« Nous devons nous réapproprier Malcolm ! Ce livre ambitionne d’y contribuer. Mon but ne sera pas atteint en persuadant les militants de l’immigration et des quartiers qu’il existe une stratégie préétablie laissée en héritage par Malcolm, ni qu’il suffirait de nous baisser pour la ramasser. Avec sans doute beaucoup de présomption, j’espère plutôt que ce livre aidera à faire en sorte que la pensée libératrice de Malcolm travaille nos propres réflexions. »

Pour m’avoir proposé et permis de rédiger cet article, je tiens à ce titre à adresser mes remerciements aux personnes qui animent le site Etat d’Exception, dont l’objet est précisément de permettre ce genre de débats.

Malcolm X : figure du Pouvoir Noir aux USA

Sans revenir de façon exhaustive sur la biographie largement connue et disponible aujourd’hui de Malcolm X[8], on peut résumer brièvement son parcours personnel et politique comme suit :

Né en 1925 en Omaha, dans le Nebraska (Etat du Mid-West des Etats-Unis), Malcolm Little est le fils d’un prêcheur noir états-unien, adepte du panafricanisme de Marcus Garvey[9], et d’une femme originaire de l’île de Grenade, dans les Caraïbes. Il est ainsi né dans un milieu politisé (déjà hostile à l’intégration) et riche culturellement parlant (du fait du métissage entre le père afro-américain et la mère caribéenne).

Malcolm Little perd dans son enfance son père, assassiné par des hommes membres du mouvement raciste et esclavagiste Ku-Klux-Klan. Il est très vite séparé de sa mère et de ses frères et sœurs, pour être placé par les services judiciaires de l’Etat fédéré du Michigan dans des familles d’accueil blanches. Sa mère finit dans un hôpital psychiatrique où elle restera pendant 26 ans, jusqu’à sa mort.

Malgré une scolarité brillante, Malcolm Little abandonne ses études dans le secondaire (compte tenu de la ségrégation professionnelle pure et dure alors en place aux USA, un de ses professeurs lui ayant notamment expliqué qu’un « nègre » ne pouvait pas aspirer à être avocat).

Il migre alors dans de nombreuses villes du nord-est des USA (Detroit, Boston…), pour y vivre de petits boulots (livreur dans un train) et de quelques activités délinquantes (cambriolages…). Il adopte ainsi un nouveau pseudo (Detroit Red). Durant cette période, sa meilleure expérience de vie semble alors être la découverte du quartier d’Harlem.

Condamné à 10 ans de prison pour un cambriolage, il n’en purge finalement que 7. C’est en prison qu’il se convertit à l’Islam, et adhère à la Nation of Islam (NOI). Alors dirigé par Elijah Muhammad, ce mouvement a inventé sa propre conception de l’islam et prône théoriquement la création d’un Etat noir indépendant sur le territoire des USA. Quelque temps après sa sortie de prison, Malcolm sera l’un des porte-parole officiels du mouvement, devenant ainsi Malcolm X.

Malcolm quitte la NOI en 1963 à la suite d’un double désaccord politique et religieux. Fondamentalement, Malcolm X ne croyait alors plus à l’invocation prophétique et imprécise d’un hypothétique Etat noir séparé, sans prendre aucune part à l’action politique directe en faveur des Noirs étatsuniens[10]. Cette position quasiment a-politique de la NOI l’ayant même contraint à des entrevues à Atlanta, en 1961, avec le leader du parti nazi états-unien, Georges Lincoln Rockwell, pour négocier les conditions de la création d’un tel Etat, entrevues que Malcolm regrettera toute sa vie[11]. Le différend entre Malcolm et la NOI est aussi religieux, Malcolm adhérant à l’islam sunnite et ne croyant plus dans la divinité prétendue d’Elijah Muhammad.

Malcolm X fonde alors notamment son propre parti politique : l’OUAA (Organisation de l’unité afro-américaine), organisation politique non religieuse ouverte prioritairement à des alliances avec tous les partis afro-américains, visant la constitution d’un pouvoir politique noir autonome et interclasse aux USA, et le dépassement du mouvement des droits civiques. Le dépôt d’une plainte à l’ONU contre les USA pour génocide contre les Afro-Américains est alors envisagé comme action politique dans l’immédiat, ainsi que la constitution de milices d’auto-défense dans les Etats du Sud pour protéger notamment les partisans noirs du mouvement des droits civiques. A plus long terme, la charte fondatrice de l’OUAA semblait même littéralement envisager la constitution d’un pouvoir politique noir au profit des Afro-Américains sur la totalité du continent américain (du Canada à l’extrême sud du continent en incluant les Caraïbes[12]). Malcolm X reliant enfin cette stratégie politique à un mouvement global de révolution mondiale anticoloniale des peuples et nations « non-blancs[13] ».

Parallèlement à l’OUAA, Malcolm X avait créé la « Muslim Mosque inc. », organisation religieuse musulmane sunnite ayant notamment fédéré les partisans de Malcolm anciennement membres de la NOI.

Malcolm X est finalement assassiné en 1965 au cours d’un discours à Harlem, meurtre organisé et commis, entre autres, par des membres de la NOI.

L’OUAA ne survivra pas à sa mort, compte tenu du fait que le projet politique de cette structure restait en chantier et apparemment, selon l’analyse qu’en fait Manning Marable[14], d’une scission entre les membres de la « Muslim Mosque inc. » (ex-membres du NOI et proches de la « rue ») et ceux de l’OUAA (apparemment issus des classes afro-américaines moyennes et supérieures).

Les constantes de la pensée politique de Malcolm X

Le refus de l’intégration. Malcolm X est successivement passé de l’idéologie du retour à l’Afrique (transmise par son père dans son enfance), à l’apolitisme de sa période délinquante, concrétisé notamment par son refus de s’engager dans l’armée nationale au cours de la Seconde Guerre mondiale, puis à la croyance religieuse dans un Etat noir séparé, et enfin à la tentative de construction d’un pouvoir politique noir autonome interclasse[15]. L’intégration n’ayant au mieux vocation qu’à favoriser dans le meilleur des cas des individualités et l’émergence d’une classe bourgeoise minoritaire[16] (qualifiées d’Oncle Tom) au sein de la communauté afro-américaine, sans permettre précisément une libération de la masse, qui est l’objectif précis de Malcolm X.

L’opposition au blanc. D’abord dans une conception littéralement physique et prophétique, via le dogme sectaire de la NOI tenant au mythe de Yacub, le scientifique étant supposé avoir créé la race du diable blanc. C’est ce mythe qui conduira à la catastrophe politique d’entretiens avec Georges Lincoln Rockwell, leader du parti nazi états-unien et ce, en dépit du désaccord semble-t-il constant de Malcolm sur ce point au sein des débats internes à la NOI[17]. Ensuite dans un sens purement politique et socio-économique : après sa rupture avec la NOI, Malcolm craint la récupération des mouvements noirs par les partis politiques blancs. Il n’envisage qu’à long terme, et après constitution effective d’un réel pouvoir ou « nationalisme noir », une possible alliance avec les partis blancs américains d’extrême gauche, tel que le « Socialist Worker Party[18] », voire plus largement avec tout personne ou organisation, quelle que soit sa couleur, sincèrement désireuse d’œuvrer pour la communauté noire[19].

La sensibilité pour le contexte politique international. D’un point de vue spirituel autant que politique, Malcolm X était ouvert sur les questions internationales. Que ce soit dés sa période politique au sein de la NOI, comme l’illustre notamment sa rencontre avec Fidel Castro à Harlem en 1960, ou bien évidemment après sa rupture avec la NOI, à travers ses voyages dans plusieurs Etats indépendants d’Afrique et du Moyen-Orient et son pèlerinage à La Mecque. On peut également souligner le fait que Malcolm, du fait de l’idéologie panafricaine de son père, a eu conscience dés son enfance de l’existence de l’Afrique dans un sens positif. Cela, contrairement à nombre d’Afro-Américains, compte tenu du contexte de l’époque (l’enfance de Malcolm s’étant déroulée lors de la colonisation officielle du continent africain avant les années 50). Malcolm a aussi eu conscience très tôt de la présence d’une diaspora noire dans les Caraïbes, du fait des origines de sa mère. Enfin, et surtout, contrairement à une croyance populaire semble-t-il répandue, l’internationalisme de Malcolm X ne se réduisait pas à la seule prise en compte du Tiers Monde afro-asiatique, à l’époque médiatisé politiquement. D’une part, Malcolm faisait référence dans la charte fondatrice de l’OUAA à la diaspora africaine sur la totalité du continent américain, Caraïbes incluses. D’autre part, dans certains de ses discours, il évoquait les colonisés « non-blancs » du monde occidental, notamment ceux en Angleterre, en France et en Australie[20].

Ce retour rapide sur la biographie de Malcolm X, ainsi que sur les constantes de sa pensée politique, serait incomplet si l’on n’évoquait pas le fait que l’essentiel des discours de Malcolm ne sont disponibles aujourd’hui qu’en langue anglaise. En outre, la majorité des ouvrages d’analyse politique ou universitaire sur Malcolm X proviennent essentiellement d’auteurs afro-américains ou de membres de partis politiques de l’extrême gauche états-unienne.

Les seuls ouvrages mettant à la disposition directe du lectorat français les discours de Malcolm X se comptent ainsi littéralement sur les doigts d’une main :

  1. Malcolm X : le pouvoir noir, éditions La Découverte,
  2. Malcolm X parle aux jeunes, éditions Pathfinder, et
  3. Malcolm X : sur l’histoire afro-américaine, éditions Broché.

Outre cette rareté, il est également manifeste qu’à ce jour et à l’échelle mondiale, aucun ouvrage portant exclusivement sur Malcolm X et qui tente de définir une stratégie politique à l’échelle des colonisés internes au monde occidental et hors des Etats-Unis (populations « non-blanches » du Canada, des pays de l’Union européenne et d’Australie), n’avait jamais encore été écrit ni publié.

Conclusion de la première partie

Ces éléments nous amènent objectivement à saluer le principe de l’initiative inédite entreprise par Sadri Khiari à travers son livre sur Malcolm X. Je tenterai d’analyser dans une deuxième partie l’appropriation politique de Malcolm X sous le prisme de Sadri Khiari (et plus généralement sous celui du PIR), pour définir un pouvoir politique « indigène » en France. De là, je me permettrai d’émettre quelques réflexions personnelles, notamment sur la nécessité de penser concrètement l’organisation d’un pouvoir « indigène » au sens positif du terme, sans se limiter à celle d’un contre-pouvoir médiatique.

« indigène x », le 06 juin 2013.

Notes

[1] Sadri Khiari, Malcolm X : stratège de la dignité noire, éditions Amsterdam, 2013, p.20. Sauf mention, toutes les citations sont extraites du livre de Sadri Khiari.
[2] Voir l’article « Du Pouvoir », de Matthieu Renault, paru le 25 février 2013 sur le site Contretemps.
[3] Pour reprendre la traduction française d’un des termes apparemment fréquemment utilisés par Malcolm X dans ses discours (voir le film Malcolm X, de Spike Lee).
[4] The Autobiography of Malcolm X, d’Alex Haley, paru aux Etats-Unis en 1965 après la mort de Malcolm X, traduit et publié en France aux éditions Grasset en 1993.
[5] Avec tous les guillemets possibles, sans entendre personnellement ce terme dans un sens biologique, et en tenant compte des limites et des graves dérives politiques propres à pareille appellation (le métissage ayant été historiquement un concept purement colonial issu de la conquête des Amériques et de la traite négrière, et uniquement pensé en termes de mélange entre une « race » blanche occidentale moderne et valorisée d’un côté, et une quelconque « race » indigène « barbare » de l’autre ; autrement dit, l’idée même d’un « métissage » social, culturel, intellectuel, et/ou politique, entre « races » indigènes mêmes, n’a proprement jamais été conçue en Occident). Voir, entres autres sur cette question, Histoire du métissage, de Nelly Schmidt, éditions de La Martinière ; Les enfants de la colonie : les métis de l’empire français entre sujétion et citoyenneté, Emmanuelle Saada, éditions La Découverte ; ou encore Race and the Education of Desire : Foucault’s History of Sexuality and Colonial Order of Things, de Ann-Laura Stoler, éditions Broché.
[6] Je reprends ici et reprendrai tout au long de l’article, pour plus de simplicité, le terme utilisé par le PIR pour désigner toutes les populations « non-blanches » issues de l’immigration et des banlieues en France hexagonale.
[7] Je suis essentiellement intéressé par la dimension égalitariste très forte propre à la religion musulmane et tenant pour partie, mais pas uniquement, au pilier sur l’aumône.
[8] Je conseille ici de consulter pour appréhender la seule dimension biographique de Malcolm X, pour l’essentiel et comme références principales, The Autobiography of Malcolm X, d’Alex Haley ; Malcolm X: A Life of Reinvention, de Manning Marable, paru aux Etats-Unis en 2010 et dont une traduction française est annoncée aux éditions Syllepse ; Correcting Manning Marable’s: Malcolm X : A Life of Reinvention, de Jared A. Balls et Todd Steven Burroughs, publié aux Etats-Unis en 2012 ; Growing up X: A Memoir by the Daughter of Malcolm X, de Ilyasah Shabbaz, paru aux Etats-Unis en 2009 ; et Macolm X: Make it Plain, documentaire de la BBC sorti dans les années 1990 et consultable gratuitement en langue française sur Youtube.
[9] D’origine jamaïcaine, Marcus Garvey, leader et fondateur dans la première partie du XXème siècle du « United Negro Improvement Association » (UNIA), toujours en activité aux Etats-Unis, prônait le retour physique des populations afro-américaines, et plus largement de la diaspora africaine présente en Amérique et victime de la traite transatlantique, en Afrique (projet en partie concrétisé par la constitution de l’Etat du Libéria).
[10] Désaccord dont les prémisses datent du procès de la police de Los Angeles, en 1962, autour de l’assassinat de Ronald Stokes, membre du NOI. Malcolm X étant désireux d’entamer une action de protestation et de soutien directe, qu’il sera contraint d’abandonner sur ordre d’Elijah Muhammad, celui-ci s’en remettant à une justice divine.
[11] Voir Manning Marable, Malcolm X: a Life of Reinvention.
[12] Malcolm X: By Any Means Necessary, editions Pathfinder.
[13] Consulter les discours « There’s a worlwide revolution going on », « Not just an American problem, but a world problem » parus dans l’ouvrage Malcolm X: February 1965, The Final Speeches , aux éditions Pathfinder.
[14] Voir Manning Marable, Malcolm X: a Life of Reinvention.
[15] Malcolm parlant alors, dans la dernière période politique de sa vie, de « nationalisme noir » sans le définir précisément mais en le distinguant clairement de tout projet de construction d’un Etat noir séparé (The Last Year of Malcolm X, éditions Pathfinder).
[16] Pour une critique politique particulièrement intéressante de l’intégrationnisme ayant conduit à la formation d’une classe bourgeoise noire aux USA, coupée de la masse et totalement convertie aux valeurs politiques oppressantes de l’Etat américain, je recommande la lecture de Black Bourgeoisie, de Franklin Frazier, paru en 1957.
[17] Voir Manning Marable, Malcolm X: a Life of Reinvention.
[18] Jack Barnes, Malcom X, la libération des noirs, et la voie vers le pouvoir ouvrier, éditions Pathfinder.
[19] Discours de Malcolm X à Oxford, Malcolm X Talks to Young People, éditions Pathfinder (ouvrage traduit en français).
[20] Voir, pour exemple, The fight against racism from South Africa to Australia to the USA, paru dans l’ouvrage Malcolm X: February 1965, The Final Speeches, aux éditions Pathfinder.

Malcolm X : stratège de la dignité noire

Sadri Khiari
Editions Amsterdam
2013

8,50 euros