Un million de civils vivent dans des zones assiégées en Syrie, sans accès à la nourriture ou aux médicaments. Pour conjurer la famine, ces civils sont souvent contraints de manger les feuilles des arbres, les insectes, et les chats. Des centaines sont morts de faim. Pendant ce temps, des tonnes de vivres de l’aide internationale ne sont pas livrées. Ces personnes meurent inutilement parce que les camions et les avions d’aide de l’ONU se voient refuser l’accès aux zones assiégées par le régime d’Assad, accès qui ont été accordés à plusieurs reprises par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Malgré l’inaction de la communauté internationale, les courageux syriens sont en train de forger des liens sociaux forts avec leurs voisins pour survivre en tant que communauté soudée. Les gens trouvent de nouvelles méthodes d’élevage, pour produire de l’électricité, et survivre dans des circonstances extrêmes. Quand une famille est dans le besoin, les voisins se mobilisent immédiatement pour obtenir de l’aide. Une mère à la recherche de lait pour son enfant sous-alimenté peut faire du porte à porte au milieu de la nuit avec la certitude qu’un voisin va tendre une main secourable. La faim n’a pas non plus tempéré l’esprit de résistance des Syrien-ne-s. Les militant-e-s continuent de documenter les bombardements et les violations des droits quotidiens. Les Syrien-ne-s ont refusé de se plier sous la pression parce qu’ils n’ont pas perdu de vue leur cri original pour la liberté.

« D’une manière ou d’une autre, l’ONU est heureuse avec Bashar al-Assad. En tant que civil sur le terrain, je n’ai rien vu de leur part. Un conflit qui s’enlise a donné à Assad tout le temps dont il avait besoin pour détruire le pays, et maintenant le pays est détruit ».

Yousef, de Douma

L’ONU, par Anwar Al Eissa

L’ONU, par Anwar Al Eissa

« Le régime a clairement menacé la ville de Moadamiyeh en disant que nous devrions abdiquer ou affronter la mort à travers la famine et l’anéantissement. Est-ce la solution politique qu’ils veulent ? Veulent-ils faire de nous des esclaves de leurs désirs ? Cela ne se produira pas et nous restons piégés ».

Dani, de Moadamiyeh

La famine est l'arme des lâches, par Anis Mansour

La famine est l’arme des lâches, par Anis Mansour

« Si l’ONU a le monde entier et ne peut fournir une miche de pain aux enfants, c’est quoi cette ONU ? Vous me dites qu’ils ne peuvent intervenir parce que le régime dit qu’ils ne le peuvent pas ? »

Un résident de Ghouta

Sans titre par Hussam Alsaadi

Sans titre par Hussam Alsaadi

« Quand vous assiégez une communauté, vous transformez toute leur raison d’être d’une lutte civile pour leurs droits à une lutte pour la survie au jour le jour. Tel est l’objectif du blocus, neutraliser le pouvoir du peuple. »

Khaled, de Douma

La famine systématique, par Anis Mansour

La famine systématique, par Anis Mansour

« Nous ne pouvons pas tenir plus. Pourquoi n’y a-t-il aucune aide pour nous ? Nous avons des mères, des sœurs, des frères. Nous sommes des êtres humains comme vous. »

Khaled, de Madaya

La famine n’est pas un jeu, par DAALI

La famine n’est pas un jeu, par DAALI

« L’ONU a la Syrie parmi ses membres permanents. Nous sommes une carte que ces pays utilisent comme moyen de pression, mais s’ils voulaient briser le siège alors ils en seraient plus que capables. Mais ça n’est pas encore le moment d’après leurs calculs. »

Elias, de Douma

Bla Bla Nations, par DAALI

Bla Bla Nations, par DAALI

« Il est plus important de se concentrer sur les enfants sous blocus. Parce que tous les adultes étaient en partie responsables de la situation dans laquelle nous sommes, mais les enfants ne choisissent pas cela ou la révolution. Ils sont les plus grands perdants dans toutes ces batailles. Il y a des enfants soldats, il y a la main-d’œuvre généralisée des enfants, et les familles marient leurs filles très jeunes. Ce sont toutes les réalités causées par le blocus lui-même. Parce qu’il n’y a pas de nourriture ou de salaires stables, l’enfant doit travailler et les gens profitent de cela. »

Osama, de Douma

Sauvez les enfants de Ghouta, par Moustafa Jacoub

Sauvez les enfants de Ghouta, par Moustafa Jacoub

« J’ai vu un homme adulte pleurer comme un bébé parce qu’il n’a pas été en mesure de nourrir ses enfants. Mon cœur saignait. Une femme âgée devait se faire administrer du sérum et l’infirmière lui a dit de se calmer et que l’aide de Dieu viendra, elle attrapa sa main, l’embrassa et lui demanda des restes de nourriture. »

Amjad Al Maleh, de Madaya

Je suis affamé, par Fadi Zyada

Je suis affamé, par Fadi Zyada

« Une fois, un homme que je connais servit de la viande de chat à ses enfants sans le dire à sa femme parce qu’elle aurait protesté. Ils ont tous eu une intoxication alimentaire. Il m’a pris à part après que ses enfants se soient empoisonnés et a admis qu’il les a nourris avec de la viande de chat. Nous avons dû pomper leurs estomacs. »

Un médecin de Madaya

Titre inconnu, de Moustafa Jacoub

Titre inconnu, de Moustafa Jacoub

« L’avant-veille, un homme nommé Fares Sleiman a tourné fou. Il est devenu hystérique à cause de la faim et mourut. Nous lavons les morts avant de les enterrer. J’ai lavé son corps émacié moi-même et l’ai enterré. Imaginez de voir un squelette avec seulement la peau sur les os. Aucune graisse. Il est mort de faim. »

Amjad Al Maleh, de Madaya

Arrêtez la famine en Syrie, par Alaa Hamameh

Arrêtez la famine en Syrie, par Alaa Hamameh

Notes

Source : The Syria Campaign.
Traduit de l’anglais par SB, pour Etat d’Exception.