Le Comité national palestinien BDS (BNC), la plus grande coalition de la société civile palestinienne, qui mène le mouvement mondial pour les droits des Palestinien-ne-s Boycott, Désinvestissement et Sanctions, a appelé aujourd’hui au boycott du fond d’investissement Soros Fund Management et de l’Open Society Foundations, en raison de l’annonce récente[1] – au premier trimestre 2014 – d’investissements réalisés par Soros dans des actions de SodaStream et d’investissements accrus dans Teva Pharmaceuticals, deux sociétés israéliennes qui sont profondément impliquées dans les violations du droit international.

SodaStream est une société israélienne qui fabrique ses produits à Maale Adumim, une colonie illégale sur le territoire palestinien occupé (TPO), et à ce titre, est profondément complice des violations par Israël du droit international. Les colonies sont illégales en vertu du droit international et constituent un crime de guerre[2].

De hauts responsables de l’ONU et des organisations des droits de l’homme, y compris Oxfam, ont condamné les industries situées sur des colonies pour le profit qu’elles tirent de l’occupation israélienne et pour leur collusion dans le déni des droits des Palestinien-ne-s.

Le mouvement BDS a toujours ciblé les sociétés israéliennes et internationales complices – impliquées dans l’occupation israélienne, les colonies et d’autres violations du droit international – comme Sodatream, G4S, Ahava, Mekorot, Elbit, Veolia, Caterpillar, Africa Israel, toutes les banques israéliennes, et d’autres sociétés.

Selon le groupe israélien de défense des droits humains, WhoProfits, en tant que plus grande entreprise pharmaceutique d’Israël, « Teva bénéficie des avantages générés par l’occupation israélienne des terres palestiniennes, permettant à l’entreprise d’exploiter le marché palestinien. « Des raisons de qualité et de sécurité » en lien avec des justifications économiques et politiques, créent un marché captif palestinien pour les entreprises israéliennes et multinationales[3]. »

SodaStream se présente elle-même comme respectueuse de l’environnement, afin de cacher le fait qu’elle est, après tout, partie prenante d’une entreprise de colonisation. Plus de 200 familles palestiniennes ont été expulsées de leurs maisons pour faire place à la construction de la colonie de Maale Adumim dans les années 1990, au mépris de la Quatrième Convention de Genève. Israël a annoncé son intention de déplacer de force encore 2 300 Palestinien-ne-s de leurs terres afin de faciliter l’expansion future de la colonie[4].

Les syndicats palestiniens ont toujours rejeté toute idée que la réalité oppressante qui consiste à vivre sous une occupation brutale – ne laissant parfois aux Palestinien-ne-s d’autre choix que d’exporter leur production à travers des sociétés israéliennes complices ou de travailler dans des colonies illégales – est une raison pour ne pas prendre de mesures pour mettre fin à la complicité internationale des violations des droits de l’homme[5]. Les travailleuses et travailleurs palestinien-ne-s employé-e-s par SodaStream ont expliqué qu’elles et ils sont victimes de discrimination systématique, et sont « traité-e-s comme des esclaves ».

L’investissement annoncé par Soros Fund Management dans la société SodaStream située sur une colonie, survient à un moment où la société civile, le secteur privé et les gouvernements à travers le monde, évitent de plus en plus de traiter avec les entreprises qui contribuent à l’occupation et aux violations du droit international par Israël. L’action de SodaStream a perdu 18% de sa valeur depuis le début de l’année 2014, selon Bloomberg[6].

Les soutiens internationaux des droits des Palestiniens ont répondu aux appels au boycott de SodaStream, organisant des manifestations à travers des centaines de magasins, et de nombreux détaillants européens se sont engagés à ne pas vendre les produits fabriqués dans les colonies israéliennes illégales. Les gouvernements néerlandais et du Royaume-Uni ont récemment conseillé aux entreprises d’éviter les relations d’affaires avec les colonies israéliennes illégales[7].

Après le récent tollé provoqué par la collaboration de l’actrice Scarlett Johansson avec SodaStream, des analystes financiers ont déclaré que SodaStream « arrive avec un fardeau » et que leur usine sur une colonie illégale est « une pierre de touche pour la controverse ». En effet, leurs résultats du premier trimestre 2014 montrent une baisse de 14% de la valeur de leur action[8].

Le respect des droits humains prétendu par George Soros, et le soutien réel de l’Open Society Foundation pour divers projets éducatifs, culturels, et des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé et dans la région, sont incompatibles avec son investissement dans des sociétés comme Teva et SodaStream, qui violent systématiquement les droits de l’homme et le droit international, et bénéficient de l’occupation et de la colonisation israéliennes.

Nous appelons M. Soros à retirer immédiatement son fond de gestion de toutes les sociétés qui profitent de l’occupation et des violations des droits de l’homme clairement établies israéliennes. Deux sources particulièrement utiles pour mener des recherches sur ces sociétés sont : www.WhoProfits.org et www.corporateoccupation.org.

Nous appelons toutes les organisations palestiniennes, arabes et internationales, qui ont reçu des fonds des fondations Soros, à faire pression sur M. Soros pour qu’il nettoie son portefeuille d’investissements dans des violations des droits de l’homme, et de s’abstenir de demander des fonds de ces fondations s’il ne parvient pas à le faire.

Le Comité national palestinien BDS (BNC), Ramallah, le 21 mai 2014.